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L’argent, le dernier tabou?

6 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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sac_papier_cache_secret_tete_425Plus du tiers des Québécois (35 %) se disent peu ou pas du tout à l’aise de parler d’argent et de finances personnelles en général, révèle un récent sondage effectué pour l’Autorité des marchés financiers (AMF).

L’enquête d’opinion, réalisée par la firme Léger, a passé au crible le niveau de connaissance financière de 1 001 adultes dans toute la province, du 9 au 17 novembre.

Globalement, ils semblent davantage enclins à discuter de ce sujet avec un professionnel de la finance (7,1 sur une échelle de 1 à 10 – 1 signifiant « très mal à l’aise » et 10 « très à l’aise ») qu’avec leurs amis (5,7 sur 10), leur famille (5,5 sur 10) ou leurs collègues de travail (4,8 sur 10).

Les personnes les plus à l’aise en la matière sont :

  • les résidents de la région de Québec (6,8 sur 10);
  • les hommes (6,8, contre 5,9 sur 10 pour les femmes);
  • les individus ayant fréquenté l’université (6,9 sur 10);
  • ceux disposant d’un revenu annuel de 80 000 $ et plus (7 sur 10);
  • les francophones (6,4, contre 5,8 sur 10 pour les non francophones);
  • les professionnels (7 sur 10).

L’étude note que le niveau de facilité à parler d’argent et de finances personnelles est demeuré stable (71 %) depuis la dernière année.

LES HOMMES MIEUX INFORMÉS

Le manque de connaissance pourrait-il expliquer cet embarras à parler finance?

En effet, seuls quatre Québécois sur 10 (40 %) affirment bien connaître les produits et services financiers, tandis que 59 % mentionnent qu’ils les connaissent peu ou pas du tout.

L’enquête montre que les personnes les mieux informées sont :

  • les hommes (51 %, contre 30 % pour les femmes);
  • les personnes âgées de 65 ans et plus (48 %);
  • celles ayant une scolarité de niveau universitaire (57 %);
  • celles disposant d’un revenu annuel de 80 000 $ et plus (54%);
  • les non francophones (52 %, contre 37 % pour les francophones);
  • les professionnels (56 %);
  • les propriétaires (46 %, contre 33 % pour les locataires).

À l’inverse, les répondants ayant une scolarité de niveau primaire ou secondaire (70 %) et les personnes disposant d’un revenu annuel inférieur à 40 000 $ (71 %) sont plus nombreux à ne pas être bien informés.

CONNAÎTRE LA FINANCE POUR AMÉLIORER SON SORT

La vaste majorité des sondés (80 %) reconnaissent que le fait d’accroître leurs connaissances dans le domaine des finances personnelles pourrait leur permettre d’améliorer leur situation financière, relève l’étude.

Les répondants les plus nombreux, en proportion, à être en accord avec cette affirmation sont :

  • les hommes (83 %, contre 78 % pour les femmes);
  • les personnes âgées de 25 à 34 ans (88%);
  • celles ayant un revenu annuel de 100 000 $ et plus (90 %);
  • les propriétaires (83 %, contre 77 % pour les locataires);
  • les ménages avec enfants (87 %, par rapport à 75 % pour les ménages sans enfant).

Premier bilan de la Stratégie québécoise en éducation financière

L’AMF a récemment présenté un bilan des six premiers mois de la mise en œuvre de la Stratégie québécoise en éducation financière. Comme prévu dans le plan d’action, trois comités ont été formés et sont à l’œuvre.

Le comité Programmes éducatifs regroupera les outils éducatifs de ses partenaires en un même lieu et en assurera la promotion auprès des enseignants des écoles primaires et secondaires.

De son côté, le comité Connaissances et compétences financières recense actuellement les compétences que les consommateurs devraient avoir pour prendre des décisions financières importantes. Selon l’AMF, cet « outil de référence pour les organismes et spécialistes dans le domaine » sera prêt au printemps.

Enfin, le comité Pour un changement de culture financière au Québec mobilise depuis plusieurs mois les principaux organismes (privés, publics et communautaires) œuvrant en éducation financière autour d’un plan de relations publiques destiné à sensibiliser les Québécois à l’argent, aux finances et à l’économie. Ses travaux devraient être publiés au cours de l’hiver.

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