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Économie

L’attrait des taux négatifs

22 février 2016 | La rédaction | Commenter

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pourcentage_fracture_crise_instable_425Les taux négatifs ne sont plus un concept théorique. Mais sont-ils réellement bénéfiques pour l’économie?

Il y a une décennie à peine, la possibilité que les banques centrales adoptent des taux négatifs était une vision de l’esprit, lit-on dans un article du New York Times.

Mais il y a deux ans, cette mesure s’est concrétisée. Et elle gagne même du terrain.

En juin 2014, la Banque centrale européenne est devenue la première grande banque centrale du monde à tester les taux négatifs dans le but de dynamiser l’économie du Vieux Continent. Son taux en vigueur est toujours de -0,3 %.

La récente décision de la Banque du Japon de fixer son taux interbancaire à -0,1 % a aussi fait grand bruit.

Et le 17 février dernier, la Riksbank, la banque centrale de la prospère Suède, a fait passer son taux de -0,35 % à -0,5 %.

Les cours de titres des banques européennes ont dégringolé le jour de l’annonce, rapporte le Times, les investisseurs craignant qu’une telle mesure érode les profits.

Lorsque des taux négatifs sont en vigueur, rappelons-le, les institutions financières qui doivent déposer certaines sommes à la banque centrale ne perçoivent plus d’intérêt, mais en paient, explique The Globe & Mail.

LES CLIENTS CASQUENT

Les banques épongent ces coûts de diverses façons, par exemple sous forme de frais de transaction refilés aux clients, souligne The New York Times. De plus, de nombreux emprunteurs doivent s’attendre à payer des intérêts plus élevés.

Les taux négatifs sont censés stimuler l’économie en encourageant les entreprises à investir et les consommateurs à dépenser au lieu d’économiser, ainsi qu’en dopant les marchés boursiers.

Il y a toutefois un risque – théorique pour le moment – associé à cette mesure relativement nouvelle.

L’application de taux négatifs pourrait miner la rentabilité des institutions financières, pouvant priver à terme les investisseurs d’une source capitale de financement, de produits d’épargne, etc. Les assureurs et les fonds de pension accuseraient aussi le coup, lit-on.

« Avec le temps, on verrait l’apparition de devises virtuelles de rechange, ébranlant du coup les fondations du système financier tel qu’on le connaît actuellement », a déclaré à ce sujet l’an dernier le Français Hervé Hannoun, directeur général adjoint de la Banque des règlements internationaux.


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