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Le Canada avait-il raison de fêter?

2 juillet 2008 | Commenter

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Dans un commentaire au quotidien The Globe and Mail, Anne Golden, présidente du Conference Board du Canada, écrit que si les Canadiens ont trouvé de bonnes raisons de célébrer la Confédération hier, ceux qui seront là dans 12 ans, en 2020, risquent au contraire de déchanter.

Dans son dernier rapport intitulé How Canada Performs 2008, le Board note que le pays inscrit des retards dans presque tous les secteurs névralgiques, par rapport aux 17 États auxquels il le compare.

« Le principal frein à l’économie canadienne est notre faible productivité. La productivité mesure la valeur des biens et services générés en une heure de travail. Nous continuons à traîner la patte vis-à-vis des États-Unis. Nous occupons le 15e rang sur une possibilité de 17 », dit Anne Golden.

Pour améliorer la productivité, non seulement faut-il travailler plus, mais mieux. La clé, c’est l’innovation. À l’occasion, des idées géniales surgissent. Le BlackBerry, par exemple, est la preuve que la créativité existe au Canada, note Anne Golden. Mais il faut plus que des étoiles filantes. Toutes les industries doivent être en mesure de lancer des produits novateurs. Or, de ce point de vue, le Canada ne peut faire autrement que d’exposer sa fragilité, comme en font foi sa 13e position en innovation et son bas taux de diplômés détenant un Ph.D.

« Depuis trois décennies, notre faiblesse a été occultée par un heureux coup du sort : l’accès privilégié au marché américain, un dollar bon marché et, maintenant, les prix élevés des produits de base. » Le Canada semble avoir le vent dans les voiles grâce à la demande mondiale pour ses ressources, mais il ne pourra pas garder le cap à terme, explique Anne Golden.

Tout de même, le portrait n’est pas entièrement négatif. En éducation et en matière de compétences, par exemple, la Canada se classe en 2e position, juste après la Finlande. Anne Golden conclut que la partie n’est pas perdue, mais qu’il est temps de passer à l’action. Entre autres, les politiques en matière de développement sont conçues pour conserver l’actuelle structure industrielle. La Canada déploie trop d’efforts à maintenir des emplois au lieu de s’attaquer aux marchés mondiaux.

Si le pays décide de se prendre en main comme il l’a fait avec succès dans sa lutte contre les déficits gouvernementaux et la pauvreté chez les personnes âgées, il deviendra sans doute un leader mondial. En 2020, les Canadiens auront alors toutes les bonnes raisons de fêter le jour de la Confédération.

 

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