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Le Canada résistera à la tempête financière, croit la TD

4 octobre 2007 | Commenter

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Les économistes du Groupe Financier Banque TD ont frotté leur boule de cristal pour nous faire des pronostics sur l’avenir des économies du Canada et des États-Unis. Dans l’ensemble, ils sont modérément optimistes.

Au Canada, la turbulence financière récente aura sûrement des conséquences, « mais elles seront limitées », dit la TD. En effet, les problèmes auxquels fait encore face le marché du papier commercial adossé à des actifs risquent de restreindre les emprunts à brève échéance et de ralentir l’activité économique. Cependant, l’impact devrait être négligeable et disparaître au cours des deux ou trois prochains mois. Pour soutenir cette affirmation la TD a analysé le volume des hypothèques à risque. Au Canada, elles ont compté pour à peu près 5 % des prêts hypothécaires consentis en 2006. Aux États-Unis, ce fut cinq fois plus.

La volatilité financière aura cependant une incidence indirecte sur l’économie intérieure. La demande de produits canadiens baissera à cause du marasme économique aux États-Unis. Les Américains achètent actuellement 76 % des exportations canadiennes, qui représentent à peu près 24 % du PIB réel du Canada.

L’appréciation du dollar canadien viendra aggraver la faible demande américaine. La TD s’attend à ce que le huard cote à peu près au pair pendant les six prochains mois ou qu’il y soit un peu supérieur, avant de redescendre aux environs de 0,95 $US vers la fin de 2008. La TD croit que la Banque du Canada restera neutre le 16 octobre prochain. Cependant, comme le risque d’inflation persiste, on peut s’attendre à ce que le prochain geste posé sera une hausse des taux.

Il reste que l’économie canadienne repose sur des bases solides. D’abord, l’économie avait le vent en poupe lorsque la turbulence financière s’est annoncée. Ensuite, le taux de chômage est à son plus bas en 33 ans, et le marché étroit de la main-d’oeuvre favorise une croissance robuste du revenu personnel. Les entreprises sont en excellente santé financière, ce qui est de bon augure pour l’expansion de leurs investissements. Enfin, l’équilibre budgétaire des administrations fédérale et provinciales fait envie au monde industrialisé, donnant aux décideurs la souplesse voulue pour relever les grands défis économiques qui pourraient survenir.
               
Quant au marché canadien de l’habitation, il demeure vigoureux. « Nous ne croyons pas à l’existence d’une bulle immobilière canadienne. En effet, ce sont les fondamentaux économiques qui déterminent les prix et la progression des ventes au pays, plutôt que la spéculation et le manque de rigueur des prêteurs qui ont caractérisé le marché américain », indique la TD. L’avènement des prêts hypothécaires amortis sur 35 ou 40 ans a « jeté de l’huile sur le feu » en améliorant temporairement l’abordabilité, mais le marché de l’habitation devrait se calmer une fois que l’impact de ces nouveaux produits financiers se sera estompé.

Selon la TD, le PIB du Canada devrait progresser au rythme moyen de 2,4 % au deuxième semestre de 2007 et de 2,3 % en 2008.

Le portrait est plus sombre pour ce qui est des États-Unis. L’économie américaine continuera de ralentir en 2008. « Il y a près d’une chance sur trois que les États-Unis tombent en récession, et c’est la probabilité la plus élevée depuis l’éclatement de la bulle des technos au début de la décennie », constatent les experts de la TD.

La création d’emploi devrait ralentir, mais le taux de chômage n’augmentera que de peu par rapport à son faible niveau actuel. Par conséquent, le revenu personnel progressera plus rapidement que les prix à la consommation. « Les Américains risquent de réduire leurs gros achats – les voitures et les objets de luxe, par exemple -, mais l’expansion économique se poursuivra tant qu’ils auront un emploi et que leur revenu réel continuera de s’accroître », estime la TD.

Les entreprises sont également susceptibles de se serrer la ceinture et certaines d’entre elles auront peut-être, à court terme, du mal à réunir de nouveaux capitaux, ce qui risque de réduire leurs investissements. En revanche, elles sont dans l’ensemble en bonne santé financière et pourront surmonter les obstacles. La hausse des exportations aidera aussi l’économie américaine à éviter le naufrage, car les expéditions seront favorisées par la vigueur de l’économie mondiale et par la faiblesse du billet vert.

Le PIB des États-Unis devrait croître de 2 % en 2007 et de 2,4 % en 2008.

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