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Le CELI, 696 ans plus tard…

26 juillet 2010 | Commenter

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sablier_temps_delai_retard_425Bien que le CELI jouisse d’une grande popularité auprès des Canadiens, la vaste majorité de ceux qui en ont un n’y placent que des produits d’épargne, constate Jonathan Chevreau, chroniqueur au quotidien Financial Post. Cette stratégie a pour effet de diluer, voire de pratiquement éliminer, l’un des principaux atouts du CELI, à savoir l’accumulation des revenus de placement à l’abri de l’impôt.

Jonathan Chevreau a fait quelques calculs. Les fonds du marché monétaire rapportent environ 0,3 % par année ces temps-ci. Si on en place un dans un CELI, il faudra 232 ans, avec un tel rendement, avant de voir son capital multiplié par deux ! Pire : sur la base d’un rendement de 0,1 % sur six mois, l’épargnant devra attendre 696 ans pour faire doubler la valeur de son placement…

S’agit-il là de simples calculs théoriques ? Que non, dit Jonathan Chevreau. Des milliers de Canadiens ont garni leur CELI de bons du Trésor de 90 jours qui ne rapportent que 0,20 % ou d’obligations d’épargne du Canada qui génèrent un maigre 0,40 % annuellement. Dans ce dernier cas, un placement de 5 000 $ dans un CELI permettrait de soustraire 20 $ aux coffres du gouvernement canadien. Comme planification fiscale, on a déjà vu mieux.

Mais pourquoi les Canadiens s’entêtent-ils à ne favoriser que des produits d’épargne pour leur CELI ? Jonathan Chevreau croit qu’ils sont obnubilés par le mot « épargne » de l’expression « compte d’épargne libre d’impôt ». « Les gens ne se rendent pas compte qu’ils peuvent placer des actions, des obligations négociables et d’autres produits financiers dans leur CELI », déplore-t-il.

De la même manière, ils saisissent mal un autre grand avantage du CELI : la possibilité de bonifier leur cotisation annuelle. Supposons qu’une personne ait effectué en 2010 une contribution de 5 000 $ dans son CELI. C’est le maximum permis par la loi. Si elle a retiré 3 000 $ cette année-là pour payer des travaux de rénovation, elle pourra, en 2011, ajouter le montant de ce retrait à la cotisation maximale autorisée de 5 000 $. Autrement dit, elle pourra cotiser 8 000 $ à son CELI en 2011 (5 000 $ + 3 000 $ = 8 000 $).

Maintenant, cette somme sera composée de quoi ? Jonathan Chevreau admet que les jeunes ménages doivent se constituer une réserve de liquidités en cas d’urgence. Dans ce contexte, il est logique que le CELI de ces familles renferme des produits d’épargne très liquides. Cependant, les milliers de Canadiens plus âgés en phase d’accumulation pour leur retraite peuvent (et devraient) opter pour des instruments de placement performants, comme des fonds communs, des actions ordinaires, des actions privilégiées, des parts de fiducies de revenu, etc.

« Puisque le CELI offre de la souplesse, la combinaison de produits qu’on peut y mettre devrait l’être également, souligne Jonathan Chevreau. Ceux qui se limitent à n’y déposer que des instruments d’épargne prennent une décision mal avisée. »

À moins qu’ils ne souhaitent voir leur capital doubler chaque deux cents ans, ajoute-t-il.

Consultez notre dossier CELI.

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