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Le CELI, abri fiscal idéal?

19 août 2014 | La rédaction | Commenter

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Cinq années après sa création, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) continue de générer une certaine confusion auprès des investisseurs, et ce, non seulement au sujet des règles entourant le retrait et la remise de fonds, mais sur son essence même. Jonathan Chevreau, blogueur (findependenceday.com) et collaborateur spécial au Financial Post, fait le point sur cet abri fiscal qui mérite d’être démythifié.

Les nouveaux clients se voient souvent offrir le CELI de base par les institutions financières, croyant qu’ils ne peuvent détenir que des outils offrant des intérêts, tel que les certificats de placement garanti (CPG). Comme les taux d’intérêt se sont avérés lamentablement bas depuis l’entrée en vigueur des CELI, les consommateurs croient qu’ils n’en valent simplement pas la peine.

Bien sûr, que ces produits soient toujours offerts demeurent un mystère en soi.

Un CPG bancaire d’un an rapporte 1 %. Les sceptiques du CELI soulignent que cela rapporte 55 $ en intérêts annuels moyennant une contribution de 5500 $. Si vous êtes dans une fourchette d’imposition supérieure, l’économie fiscale se chiffre donc à 25 $. Du menu fretin, se moquent-ils.

On peut accuser l’institution financière qui a recommandé un CELI basé sur un CPG de profiter de cet écart entre ce faible rendement et ce que paie le même client pour son hypothèque, soit environ 5 % pour une hypothèque à taux fixe de cinq ans. S’il doit d’imposantes sommes de crédit à haut taux d’intérêt, il est certes préférable de régler cette situation avant de contribuer à un CELI.

L’indépendance financière repose sur une maison entièrement libre d’hypothèque, estime Jonathan Chevreau. Si une personne est à la veille de régler son hypothèque et n’a pas de dette courante de consommateur, le CELI demeure le meilleur abri fiscal existant, croit-il. Non pas pour protéger les revenus d’intérêt, mais pour sécuriser les revenus de dividendes.

Si un client sort pour la première fois du marché des CELI et des CPG, l’idée d’acquérir des actions de l’institution financière qui lui a vendu ledit CELI et qui détient son hypothèque peut s’avérer intéressante. RBC paie un dividende de 3,64 %, soit le triple du dérisoire 1 % du CPG.

Les autres institutions financières sont du même acabit, mais dans le cas d’un paiement forfaitaire unique au CELI,  il est préférable d’opter pour des FNB qui incluent toutes les grandes banques canadiennes, de même que quelques compagnies d’assurance et de fonds communs. L’indice FNB plafonné de la finance S&P/TSX génère un dividende de 2,74 % et présente moins de risque que les autres actions bancaires. Si l’on croit que les banques profitent de leurs clients à travers le CELI, voici un excellent moyen de contre-attaquer.

Cotiser, oublier, réinvestir

Que l’investisseur ne pense même pas à retirer ces fonds dans un avenir rapproché. Qu’il cotise, n’y pense plus, et réinvestisse tous les dividendes dans d’autres FNB. Il pourra alors patienter 30 ou 40 ans et profiter d’une retraite dorée (sur la base qu’il y ajoute 5500 $ chaque année).

Et qu’en est-il des risques associés sectoriels et géopolitiques? Bonne question. Si l’on bénéficie d’un REER important, il est possible d’y déposer les dividendes américains plutôt que dans le CELI. On peut placer ses dividendes canadiens dans son CELI, question d’éviter l’échange d’information concernant les dividendes étrangers.

Les plus jeunes peuvent utiliser 100 % de leur CELI dans l’achat d’actions. Jonathan Chevreau conseille de diversifier plus tard le tout avec deux ou trois FNB peu coûteux ou fonds indiciels, si la contribution au CELI est en baisse. Ils doivent parler avec leur conseiller des modèles possibles pour diversifier leurs investissements entre CELI, REER et comptes imposables. La formule idéale : 20 % du capital versé dans chacun des FNB canadien, américain et international, et 40 % dans un FNB à revenu fixe.

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