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Baisse économique

La stabilité financière passe par le contrôle de l’inflation

25 février 2015 | La rédaction | Commenter

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La récente décision de la Banque du Canada d’abaisser son taux directeur lui donnera le temps nécessaire pour déterminer les moyens à déployer pour ramener le pays sur la voie de la stabilité, croit le gouverneur de l’institution, Stephen Poloz.

Dans un discours prononcé devant l’Université Western, à London, en Ontario, celui-ci a affirmé hier que les impacts à long terme de la chute des prix du brut sur l’économie canadienne demeuraient incertains, rapporte La Presse canadienne.

« Une baisse du taux directeur nous donnera le temps de voir comment l’économie répondra », a-t-il précisé. Cette baisse d’un quart de point de pourcentage, qui a fait passer le taux directeur à 0,75 %, devrait ainsi permettre à la banque centrale de ramener l’économie à son « plein potentiel » et de maintenir l’inflation à un niveau stable d’ici la fin de l’an prochain, plutôt qu’en 2017.

« Situation très incertaine »

Cette baisse « amortira la diminution des revenus et de l’emploi, de même que l’augmentation du ratio de la dette au revenu qui suivra le recul des prix du pétrole », a observé Stephen Poloz.

Toutefois, il a prévenu que la décision récente de l’institution ne fera pas disparaître complètement l’incertitude économique qui plane sur le Canada. « Nous sommes dans une situation très incertaine et (…) nous cherchons à gérer les risques auxquels nous sommes confrontés, et non à les éliminer », a-t-il déclaré.

Si les retombées négatives du repli des prix du brut se sont répercutées rapidement sur l’économie, ses avantages, notamment la hausse des exportations en raison de la baisse du huard et l’augmentation des dépenses de consommation, ne se feront sentir que graduellement.

Maintien de taux bas

« Comme des prix du pétrole plus bas impliquent des revenus moindres, le choc fera monter le ratio de la dette au revenu des ménages canadiens et (…) accroîtra les risques pour la stabilité financière », a indiqué Stephen Poloz.

Au cours de son discours, le gouverneur de la banque centrale a par ailleurs suggéré que les taux d’intérêt allaient probablement demeurer bas en raison du vieillissement de la population. « Nous nous sommes rendu compte que les taux d’intérêt associés à un taux d’inflation de 2 % donnent très peu de latitude pour réagir à des chocs de grande ampleur », a-t-il analysé.

Selon lui, le taux d’intérêt réel, dit « neutre », sera plus bas à l’avenir, entre autres pour des raisons démographiques, ce qui devrait réduire la marge de manœuvre de l’institution.

« Réinventer le rôle de la banque centrale »

Enfin, le gouverneur a estimé que le rôle de la banque centrale devra être réinventé pour tenir compte des risques liés à l’inflation et à la stabilité financière tout en intégrant mieux les incertitudes auxquelles les décideurs sont confrontés.

« J’espère aujourd’hui inspirer les économistes d’ici et d’ailleurs à se joindre à ces efforts », a-t-il conclu, précisant que l’objectif ultime sera de réaliser « une synthèse juste qui intègre complètement les leçons d’hier et d’aujourd’hui ».

La prochaine annonce concernant le taux directeur est prévue le 4 mai, et plusieurs analystes s’attendent encore à une autre baisse d’un quart de point de pourcentage.

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