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Justice

Le crime organisé aurait « infiltré » la Bourse

9 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Des personnes proches du crime organisé « ont brassé des millions à la Bourse dans des stratagèmes frauduleux allégués », rapporte le Journal de Montréal dans son édition d’hier.

Selon des « documents inédits » de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de la police obtenus par le Journal, la mafia et les Hells Angels ont voulu « gonfler leurs profits en infiltrant l’économie légale » grâce à des méthodes qui « se sont considérablement raffinées au cours des 10 dernières années ».

« STRATAGÈMES COMPLEXES DE MANIPULATIONS »

Par le biais de « stratagèmes complexes de manipulation boursière », des figures proches du crime auraient ainsi bénéficié de la vente d’« actions de pacotille » (c’est-à-dire d’actions ne valant presque rien, également connues sous le nom de penny stocks) à des petits investisseurs québécois.

Contenues dans « un volumineux dossier d’enquête » de l’AMF baptisé Projet Consortium que le JdM a pu consulter, ces informations « ont été corroborées par des sources policières bien au fait du dossier », assure le quotidien montréalais.

Toutefois, relève-t-il, bien que le Projet Consortium ait entraîné des accusations contre plusieurs individus, « curieusement, à ce jour, aucun Hells ou proche de la mafia n’a été visé directement par des poursuites des autorités ».

DES PROCHES DE RIZZUTO CIBLÉS PAR L’AMF?

Selon des « témoignages concordants », écrit par exemple le JdM, Antonio Papa, un proche de l’ancien parrain mafieux Vito Rizzuto, aurait été « au cœur de nombreuses promotions boursières ciblées par l’AMF dans les dernières années ».

En outre, l’Autorité aurait trouvé la trace d’un autre proche de l’ex-parrain, Michael Strizzi, dans « des stratagèmes de manipulation boursière allégués ».

« Il ressort de l’ensemble de la preuve recueillie que (…) Antonio Papa et Michael Strizzi ont participé à un stratagème permettant d’influencer le cours ou la valeur d’un titre par des pratiques déloyales, abusives et frauduleuses et diffusé des renseignements de nature à influencer les décisions des épargnants », auraient écrit des enquêteurs de l’AMF dans un rapport daté d’avril 2013.

D’après les informations publiées par le JdM, les transactions douteuses repérées par la police et par l’Autorité « concernent presque toujours des penny stocks ».

L’AUTORITÉ REFUSE DE COMMENTER

Interrogé par Conseiller.ca, le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, s’est contenté de dire que « l’article [du Journal de Montréal] semble basé sur des informations transmises dans le cadre du processus usuel de la divulgation de la preuve aux accusés en vue d’un procès à venir ».

Pour le reste, a-t-il poursuivi, « nous ne commentons pas le déroulement de nos enquêtes, les éléments de preuves dont nous disposons aux fins de nos poursuites ou les procédures actuellement devant les tribunaux ».

« L’Autorité intente des poursuites lorsqu’elle estime posséder les éléments de preuve suffisants pour rencontrer le fardeau de preuve hors de tout doute raisonnable, peu importe l’individu ou l’organisation qui peut être en cause », a-t-il conclu.

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