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Immobilier

Le FMI s’inquiète du risque de surchauffe dans l’immobilier

18 juin 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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La hausse des prix de l’immobilier dans plusieurs pays, dont le Canada, inquiète le Fonds monétaire international (FMI), rapporte le quotidien Le Monde.

Il y a quelques jours, l’institution a appelé la Suède à prendre des mesures pour « refroidir » son marché immobilier, à l’heure où l’endettement des ménages suédois atteint des sommets, avec près de 175 % du revenu disponible en 2013.

Il y a deux semaines, la Grande-Bretagne avait elle aussi fait l’objet d’une telle mise en garde. «La hausse constante de la taille des nouveaux crédits immobiliers par rapport aux revenus des emprunteurs suggère que les ménages deviennent progressivement plus vulnérables à des chocs sur les revenus et les taux d’intérêt », notait alors le FMI.

Bulle immobilière

Ces avertissements interviennent au moment où le Fonds vient de lancer deux nouveaux indicateurs destinés à déceler la formation d’éventuelles bulles immobilières.

Le premier indicateur compare les prix à l’achat des logements et le revenu des ménages, tandis que le second les compare à ceux des loyers.

Directeur général adjoint de l’organisation, Min Zhu estime dans Le Monde que «la théorie veut que les prix des logements, les loyers et les revenus évoluent de concert sur le long terme ».

Or, constate-t-il, si l’on s’en tient à ces critères, c’est exactement l’inverse qui se produit dans 33 des 52 pays les plus importants sur le plan économique, où les prix de la pierre évoluent plus vite que les revenus de la population.

Le Canada à risque ?

Ainsi, l’Australie, la Belgique, le Canada, la Norvège et la Suède ont d’ores et déjà plongé dans le rouge. En Belgique, par exemple, les prix de l’immobilier sont près de 50 % au-dessus de leur moyenne historique comparativement aux revenus des ménages.

En se situant 33 % au-delà, le Canada arrive en deuxième position, immédiatement suivi de l’Australie (32 %).

Le constat est identique en ce qui concerne le rapport entre les prix de l’immobilier et les loyers, puisque dans plusieurs pays, dont l’Australie, la Belgique, le Canada, la Norvège et la Suède, ce ratio demeure très au-dessus des moyennes historiques.

Dans ce cas, le Canada arrive même en tête du « palmarès ». En effet, rapportés aux loyers,  les prix de l’immobilier y sont 87 % au-dessus de leur moyenne historique, selon le FMI.

Une vision incomplète

Dans son blogue, Min Zhu admet toutefois que ces données ne permettent pas forcément de déterminer si tel ou tel marché national est déconnecté des fondamentaux.

« Les ratios prix/loyer et prix/revenus des logements ne nous fournissent qu’une indication générale de la valeur de marché des logements. Pour se faire une idée de la valeur réelle des logements, il faut avoir des renseignements supplémentaires sur la croissance du crédit, l’endettement des ménages, les caractéristiques des prêteurs et les méthodes de financement. »

Mais le numéro trois du FMI tient quand même à rappeler que « la flambée, puis l’effondrement des prix des logements a précédé plus de deux tiers des 50 dernières crises bancaires systémiques ».

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