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Économie

Le huard pourrait s’envoler au-dessus du dollar américain cet été

15 mars 2010 | Commenter

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huard261107De nombreuses forces combinées pourraient faire grimper le dollar canadien au-dessus du billet vert américain cet été, selon un nouveau rapport de Marchés mondiaux CIBC inc.

Le dollar canadien a gagné plusieurs cents au cours des dernières semaines alors que le marché commençait à raffermir les attentes d’une hausse des taux d’intérêt en juillet par la Banque du Canada.

«Si, comme nous le prévoyons, la Banque devance la Réserve fédérale américaine de deux trimestres, un dollar canadien plus élevé contribuera à resserrer les conditions monétaires », a déclaré Avery Shenfeld, économiste en chef, Banque CIBC. « On verra facilement le dollar canadien dépasser de quelques cents la parité après la première hausse. »

Une hausse des taux n’est pas le seul événement qui pourrait faire monter la valeur du dollar canadien au-delà du billet vert. Dans le plus récent rapport Global Positioning Strategy, Zafar Bhatti, analyste à la Banque CIBC, cite quatre autres facteurs qui pourraient contribuer à la hausse du huard :

1. La demande mondiale pour les produits de base : Une demande accrue des produits de base comme le pétrole, les minéraux et les engrais pourrait faire grimper le dollar canadien, car les exportateurs rapatrient alors les profits.

2. Le regain des marchés financiers : Le Canada est l’un des endroits où l’environnement se prête le mieux aux acquisitions étrangères. Si les marchés financiers se découvrent un appétit pour les fusions et acquisitions, le Canada pourrait être l’un des premiers endroits à bénéficier de rentrées étrangères.

3. Les opérations de portage : Le dollar américain est devenu une monnaie de portage, ce qui signifie que les investisseurs empruntent des dollars américains à de faibles taux pour les investir dans des marchés étrangers afin de profiter de la différence de rendement. Ce comportement en matière d’investissement explique en partie pourquoi le taux de change est étroitement lié à la Bourse de Toronto. Autrement dit, le dollar américain)est converti en dollar canadien lorsque la Bourse de Toronto est en hausse et l’inverse se produit lorsque la Bourse de Toronto est en baisse.

4. Les craintes de défaillance d’un emprunteur souverain : Si le milieu des investisseurs commence à chercher un endroit sûr où placer des capitaux dans la foulée d’un crédit souverain en détérioration, le Canada pourrait être attrayant. Le Canada fait partie des rares qui conservent une cote de crédit AAA avec des perspectives favorables, et le dollar canadien pourrait bénéficier d’un transfert de fonds des titres plus faibles vers les titres canadiens.

Une hausse des taux à prévoir dès juillet
Selon les prévisions de taux de change de la Banque CIBC, le huard devrait atteindre 1,02 $ US d’ici septembre avant de reculer à 0,97 $ US avant la fin de l’année. Cette prévision découle de ce qu’on s’attend à ce que la Banque du Canada augmente les taux d’intérêt au cours du troisième trimestre, soit six mois avant les États-Unis.

« Personne ne serait surpris si la Banque du Canada commençait à hausser les taux aussitôt la limite de la fin juin passée », a affirmé M. Shenfeld, ajoutant prévoir que les hausses des taux se feront à un rythme modéré.

Il y a l’incertitude que la Banque du Canada ne bouge pas en ce qui concerne les perspectives mondiales après 2010. Le Canada ne sera pas le seul à surmonter un resserrement fiscal. Les États-Unis, l’Europe, le Japon et la Chine y arriveront également.

« Les réformes bancaires pourraient restreindre la marge de manœuvre en matière de crédit dans le monde. De plus, le marché domiciliaire aux États-Unis, source de la crise de 2008-2009, est encore désorganisé. De fortes hausses de taux dans la première année suivant la reprise pourraient obliger à faire volte-face si l’un de ces champs de mines sautait », a ajouté M. Shenfeld.

Il reconnaît qu’un ralentissement de la hausse des taux après une hausse initiale pourrait contredire le passé. « L’histoire a démontré que, du point de vue des marchés, dès qu’une hausse est réalisée, les investisseurs sont susceptibles de s’attendre à plusieurs autres, que ce soit justifié ou non », a-t-il expliqué.

Cependant, l’incertitude de la conjoncture économique mondiale obligera l’adoption d’une nouvelle approche. « Nous nous attendons à ce qu’un resserrement de la politique budgétaire, que la fin du stimulant initial de la croissance américain lié au cycle des stocks et qu’une consommation prudente aux États-Unis ralentissent remarquablement la croissance nord-américaine vers la fin de l’année, obligeant une pause dans la hausse des taux au Canada après seulement les premières hausses de 75 points de base qui seront survenues pendant l’été », a conclu M. Shenfeld.

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