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Économie

Le marché du cannabis a le vent dans les voiles en Uruguay

24 août 2015 | La rédaction | Commenter

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Depuis la légalisation de la production de cannabis en Uruguay, en 2013, un commerce florissant, porté par de jeunes entrepreneurs, est en train de donner un souffle nouveau à l’économie du pays.

« Nous savons que cela débute à peine et il y a de la place pour tout le monde », assure à l’Agence France-Presse Marcelo Cabrera, 34 ans, l’un des associés d’une toute nouvelle boutique consacrée à la culture du cannabis à Montevideo, la capitale de l’Uruguay.

Depuis 18 mois, une vingtaine de ces boutiques ont élu domicile dans le pays, le premier au monde à légaliser la culture du cannabis à usage récréatif et médicinal. « Tout se fait petit à petit, avec beaucoup d’efforts, parce que les marges sont faibles », concède-t-il toutefois.

« Les affaires ont augmenté. Les touristes cherchent des souvenirs (objets, vêtements, etc.) et les locaux, tout ce dont ils ont besoin pour cultiver et fumer », renchérit Enrique Tubino, 29 ans, l’un des frères fondateurs de Yuyo Brothers, un autre « grow shop » de la capitale.

LE CANNABIS, UN MODE DE VIE

L’économie entourant la consommation de marijuana ne date cependant pas d’hier en Uruguay. La détention et la consommation de drogues étaient déjà autorisées dans le petit pays d’Amérique du Sud. Seul le fait de la cultiver demeurait illégal. La Copa Cannabis, un concours récompensant la meilleure herbe de l’année, en est même à sa quatrième édition!

Désormais, la loi autorise la culture privée ou en club (dont les membres s’unissent pour produire en commun) tant qu’elle n’excède pas 480 grammes par an et par foyer. À terme, la production et la vente en pharmacie sous autorité de l’État sont également prévues. Mais si le gouvernement a lancé les appels d’offres pour la production devant les alimenter, le nouveau président Tabaré Vazquez, cancérologue, ne cache pas son hostilité face à ce volet de la loi, laissant planer le doute sur sa mise en oeuvre.

L’Association d’études sur le cannabis (AECU) estime que l’Uruguay, pays de 3,3 millions d’habitants, compte 20 000 autocultivateurs et une quinzaine de clubs. Tous ces usagers sont tenus de s’inscrire sur un registre national pour pouvoir exercer leurs activités en toute légalité.

Si certaines boutiques élaborent quelques-uns de leurs produits, la plus grande partie de la marchandise est importée. Des marques spécialisées dans la culture de marijuana et des entreprises du secteur agricole ont d’ailleurs flairé la bonne affaire et commencent à investir le marché.

Au-delà du petit commerce de détail, des investisseurs plus ambitieux ont fait leur apparition, notamment sur le marché du cannabis non psychoactif destiné à un usage médical ou industriel (biocarburants, textile, cosmétiques, alimentation…).

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