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Le marché haussier canadien s’essouffle

30 juillet 2007 | Steven Lamb | Commenter

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Il n’est habituellement pas surprenant qu’un gestionnaire de liquidités internationales suggère aux investisseurs de réduire leur exposition aux actions canadiennes et d’investir leurs profits à l’étranger. Mais lorsqu’un gestionnaire de fonds d’actions canadiennes manifeste des inquiétudes à propos de la santé du marché haussier actuel, les investisseurs devraient porter attention.

« Comme nous le savons tous, le marché canadien des actions a été extraordinaire, mais les sources de rendement ont été assez concentrées », affirme Fred Pynn, co-gestionnaire principal de Fonds canadien d’actions Bissett, lors d’un discours au Forum Perspectives et Occasions 2007 de Placements Franklin Templeton, à Toronto.

À la séance réservée aux conseillers, il a rappelé à l’auditoire que les secteurs de l’énergie, des matériaux et des finances sont presque entièrement responsables du redressement canadien. « Ils ont été de bonnes places où investir, mais maintenant nous commençons à être un peu nerveux, étant donné la longueur et la force du marché haussier, ainsi que l’activité spéculative qui s’y ajoute », déclare-t-il.

Bien sûr, il apparaît sensé pour le secteur de l’énergie de grimper, puisque le prix du pétrole brut semble se hisser confortablement au-dessus de $70 le baril. Et la massive expansion économique internationale a fait monter le prix des métaux si haut que les voleurs volent les remorques pas pour leur contenu, mais pour les revendre comme ferraille. Le capital généré par l’énergie et les mines a besoin d’établir domicile. Il est donc logique que les financiers en profitent.

« Il y a une raison pour laquelle le marché des actions a obtenu de bons résultats — c’est directement en corrélation avec l’amélioration des profits sociétaires depuis la dernière récession », indique M. Pynn.

Mais la longueur et la force du cycle actuel des marchandises font qu’il devance maintenant celui de la fin des années 1980, juste avant que le marché ne revienne à sa moyenne à long terme.

Même si M. Pynn ne prédit pas que ces secteurs s’effondreront dans un futur rapproché, il s’inquiète à propos des rendements spéculatifs du marché, les acheteurs à court terme essayant de deviner la prochaine cible des fusions et acquisitions.

Les gains des sociétés continuent de croître, mais M. Pynn fait remarquer que le taux de croissance de 16 % obtenu en 2006 est inférieur au taux historique de 20 %. Le taux de croissance devait ralentir encore plus durant les années 2007 et 2008, mais se maintenir dans le registre des deux chiffres.

M. Pynn ne recommande pas que les investisseurs vendent leur portefeuille canadien en entier, bien sûr, mais il suggère que les actions de plus haute qualité pourraient être préférables, puisque leur rendement sera supérieur dans un marché plus lent.

Les actions à dividendes ont obtenu, en 2006, des rendements moins élevés que ceux ne payant pas de dividendes, mais ce résultat n’était pas typique du rendement antérieur à plus long terme. Les dividendes composés constituent la plus grande partie des rendements globaux à long terme, et les sociétés qui ont tendance à augmenter leurs dividendes tendent aussi à maintenir cette habitude.

En même temps, les investisseurs devraient probablement déplacer leurs actifs dans des secteurs moins dispendieux — la première moitié du concept « achetez bas, vendez haut ».

Au sujet de la vente à prix élevé, le dollar canadien robuste a rendu l’investissement hors Canada plus abordable que jamais. Quand le huard reviendra éventuellement à sa moyenne puis diminuera, les investissements étrangers en bénéficieront.

« D’une certaine façon, la valeur du dollar canadien se renforce elle-même », affirme-t-il. Même si, sur le territoire américain, les investissements en valeurs canadiennes ont été décevants, les investisseurs américains qui boursicotent dans notre marché ont vu leurs rendements gonfler grâce aux fluctuations de la devise.

« L’économie domestique est forte, comme en témoigne l’intérêt des étrangers pour le Canada, rapporte-t-il. Nous sommes le seul pays du G7 à avoir un surplus dans notre compte et dans notre budget présentement. »

Toutefois, M. Pynn fait remarquer que ces développements — le redressement des marchandises, le huard qui monte en flèche — sont choses du passé, et que les investisseurs doivent reconnaître que le marché n’est pas immunisé contre un éventuel repli.

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