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Le marché obligataire n’augure rien de bon

21 novembre 2007 | Commenter

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En entrevue au Financial Post, le stratège Bob Hoye, de la firme Institutional Advisors, a manifesté son inquiétude vis-à-vis du comportement du S&P/TSX. En effet, l’indice phare de la Bourse de Toronto subit actuellement une deuxième correction importante en l’espace de quatre mois.

Comme en août dernier, les problèmes associés au crédit de mauvaise qualité, l’écrasement du marché immobilier aux États-Unis et la flambée du prix des obligations reviennent hanter les marchés boursiers. Lundi dernier, le S&P/TSX a perdu 1,4 % de sa valeur en une seule journée. Depuis la fin d’octobre, le recul se chiffre à 8,7 %. Officiellement, les marchés boursiers sont en correction lorsque la perte est de 10 % ou plus. Mais on y est presque, et tout indique que les éléments négatifs qui secouent les cours vont continuer à exercer une pression à la baisse.

Ce qui tracasse Bob Hoye et plusieurs autres observateurs, c’est qu’aucune correction majeure ne s’est produite depuis les quatre dernières années et demie. Certes, le S&P/TSX a reculé de 12 % en juillet et en août derniers, mais il a rebondi de plus de 13 % jusqu’à son sommet de la fin d’octobre. Ce scénario de rêve risque-t-il de se répéter? Rien n’est moins sûr.

D’abord, les analystes constatent une forte diminution des carry trades, par lesquels des investisseurs achètent des titres qu’ils paient avec des yens japonais obtenus à faible taux d’intérêt. Ensuite, les banques nord-américaines commencent à encaisser les pertes causées par les hypothèques à risque et autre papier commercial de qualité douteuse(PCAA). Enfin, le rendement des bons du Trésor américain est en pleine déconfiture, car les investisseurs nerveux se ruent sur ces titres afin de protéger leur capital. En résulte une hausse subite de la demande qui a pour effet de faire exploser les prix, affectant du même coup le rendement des bons du Trésor.

Or, dit le Financial Post, le marché obligataire s’est toujours révélé un meilleur indicateur que le marché boursier pour pressentir les mauvaises nouvelles économiques. Et quand les investisseurs liquident leurs actions pour se procurer des obligations, cela n’augure rien de bon. Plusieurs observateurs parlent même d’une récession aux États-Unis.

Bob Hoye estime que la reprise boursière qui a suivi la correction de l’été dernier a fait long feu. Il comprend mal d’ailleurs pourquoi les marchés ont atteint de tels sommets en octobre, alors que les problèmes liés aux hypothèques à risque et au PCAA n’ont pas été réglés. Maintenant qu’ils trouvent écho dans les résultats financiers des grandes banques, on peut s’attendre à ce que les Bourses réagissent mal.

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