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Le mirage de la sécurité financière

22 mars 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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Malgré les signes persistants d’une reprise économique, la sécurité financière reste un mirage insaisissable pour de nombreuses familles canadiennes. Leurs « quelques économies » et leurs revenus souvent précaires font de plus en plus difficilement contrepoids à leur lourd niveau d’endettement.

Voilà des constats désolants que fait l’Institut Vanier dans sa 13e édition annuelle de L’état actuel du budget de la famille canadienne.

Les jeunes réussissent difficilement à s’intégrer au marché du travail actuel, alors même que les travailleurs âgés de 55 ans et plus ont réussi à s’approprier à eux seuls plus de la moitié de la création nette d’emplois depuis le creux de la récession observé en 2009.

Les « vieux » ne sont pas en reste, note l’Institut Vanier. En dépit de leur participation accrue au marché du travail, ils sont de plus en plus nombreux à déclarer faillite. Les dépôts de bilan personnel ont connu un « bond invraisemblable » de plus de 1700 % au cours des deux dernières décennies!

Ce triste portrait inquiète Nora Spinks, directrice générale de l’Institut Vanier. « Les jeunes vivent chez leurs parents et étudient de plus en plus longtemps. Par ailleurs, les grands-parents multiplient les heures consacrées à l’emploi. Les parents, quant à eux, sont mis à rude épreuve, souvent occupés à procurer des soins et un soutien financier aux plus jeunes comme aux plus vieux, en tentant parallèlement d’épargner pour l’avenir et de planifier leur propre retraite », a-t-elle commenté.

L’organisme rappelle que le niveau d’endettement moyen par ménage se chiffre à 103 000 $, en hausse de 80 % en termes réels par rapport à 1990. Du même souffle, l’épargne annuelle par ménage a dégringolé de deux tiers. Environ 1,7 million de ménages canadiens affichent un ratio d’endettement de 40 % ou plus, si bien qu’ils prêtent flanc à une éventuelle progression du chômage, à l’augmentation des prix à la consommation ou à la hausse des taux d’intérêt.

Qui plus est, l’immobilier est le « seul responsable de l’enrichissement au cours des années 2000 », loin devant les actifs financiers, analyse l’Institut Vanier. L’immobilier compte désormais pour la moitié de l’avoir net des ménages, comparativement à 36 % en 2000. « En se basant sur le ratio historique du prix des maisons par rapport au revenu, on peut supposer que le prix actuel des maisons pourrait être surévalué dans une proportion allant jusqu’à 35 % », craint-il.

En moyenne, l’augmentation de l’avoir net de plusieurs ménages sans propriété à leurs actifs au cours de la dernière décennie « s’est probablement avérée nulle ».

Établi à Ottawa, l’Institut Vanier de la famille est un organisme national sans but lucratif qui se consacre au bien-être des familles du Canada en collaborant avec les entreprises, les législateurs, les décideurs, les spécialistes de programmes, les chercheurs, les éducateurs, les professionnels des services familiaux, les médias et le grand public.

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