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L’insolvabilité en forte progression

23 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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tirelire_epargne_dettes_4251Même si le nombre de dossiers de faillite demeure plutôt stable depuis cinq ans, il y a de plus en plus de personnes insolvables au Québec, selon une étude publiée lundi par Desjardins.

À un tel point que le taux d’insolvabilité atteint presque aujourd’hui le niveau record observé lors de la crise économique de 2008, met en garde son auteure, Hélène Bégin.

« La stabilité du nombre de faillites personnelles au Québec émet un signal trompeur puisque le nombre de propositions de consommateur aux créanciers affiche une progression constante, relève l’économiste principale du Mouvement. Une part croissante de la population y a recours afin de rembourser ses dettes sur une période plus longue que prévu ou de remettre seulement une partie des sommes empruntées ».

ENVIRON 25 000 CAS DE FAILLITES PAR AN

Résultat, le taux d’insolvabilité dans la province est à la hausse, « ce qui signifie que de plus en plus de gens n’arrivent pas à rembourser leurs dettes en tout ou en partie selon l’échéance convenue initialement avec les créanciers ».

Lors de la dernière crise économique, les cas de faillites personnelles avaient grimpé de plus de 30 % en deux ans au Québec, rappelle Hélène Bégin. La récession avait entraîné des pertes d’emplois, acculant ainsi plusieurs personnes au pied du mur. À partir de 2010, la reprise avait néanmoins ralenti ce phénomène et, depuis cinq ans, le nombre de faillites demeure à peu près stable dans la province, avec environ 25 000 cas chaque année.

PROPOSITION DE CONSOMMATEUR VS FAILLITE

Rappelons que la proposition de consommateur permet d’éviter le recours ultime à la faillite, qui peut entraîner la liquidation des biens d’un particulier (résidence, voiture, moto, etc.) afin d’acquitter ses dettes.

Dans ce cas, il peut conserver ses acquis, incluant ses avoirs financiers sous forme de placements ou d’un compte d’épargne, sans risque de saisie, ce qui permet de protéger son patrimoine de l’appétit des créanciers.

À l’inverse, la faillite entraîne la liquidation des placements et la saisie des biens de valeur afin de distribuer par la suite les sommes ainsi obtenues aux créanciers (les régimes enregistrés d’épargne-retraite sont toutefois protégés, à l’exception des cotisations effectuées dans les 12 mois précédant la faillite).

45 000 QUÉBÉCOIS SONT INSOLVABLES

Or, les propositions de consommateur ont pratiquement doublé depuis cinq ans au Québec, passant d’environ 10 000 cas à près de 20 000 par an, ce qui en fait désormais une voie presque aussi fréquente que celle de la faillite, souligne Hélène Bégin. Ce phénomène vient gonfler le nombre de consommateurs qui se retrouvent en situation d’insolvabilité, avec près de 45 000 personnes dans ce cas. Au total, plus de la moitié d’entre eux déclarent faillite tandis que les autres tentent un arrangement avec leurs créanciers, précise l’économiste en chef.

L’origine de cette épidémie est multiple, selon elle : un faible taux d’épargne, qui « atténue la capacité de bâtir un coussin financier suffisant en cas d’imprévu; une perte d’emploi; une séparation; ou encore une maladie grave. Autant de facteurs qui peuvent rapidement affecter les revenus des personnes touchées, entraînant des difficultés à rembourser les emprunts.

Sa conclusion? En raison du contexte économique actuel et des prévisions pour cette année, « rien n’indique que la tendance se renversera à court terme ».

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