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Le placement à court terme qui rapporte

27 mai 2015 | Sylvain B. Tremblay | Commenter

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Mission impossible par les temps qui courent? Pas si vite.

J’ai été interpelé plusieurs fois par des épargnants inquiets, à la recherche d’une solution de placement à court terme, au cours de la dernière année. L’environnement économique qui prévaut est en effet plutôt défavorable à ce type de placement. Les taux d’intérêt ne cessent de baisser depuis bientôt 30 ans et l’économie ne tourne pas à un rythme qui laisse présager un revirement de situation imminent. Les rendements d’obligations types du gouvernement canadien à 10 ans atteignaient un maigre 1,49 % au 12 mars dernier, en baisse de 0,11 % depuis le début du mois seulement.

Dans le même ordre d’idées, les rendements moyens des obligations négociables du gouvernement canadien de 1 à 3 ans étaient de l’ordre de 0,56 %, en baisse de 0,07 %, et ceux des obligations négociables du gouvernement canadien de 3 à 5 ans de 0,70 %, en baisse de 0,09 % au cours de la même période. Ces rendements ne sont toutefois réalisables qu’à la seule condition d’avoir effectué une transaction sans faille, opération trop souvent inaccessible au marché de détail…

Pourquoi alors ne pas tout simplement opter pour une combinaison de comptes de placement garantis et de dépôts à terme bancaires dont les échéances seraient échelonnées en fonction des besoins de décaissement ? L’épargnant peut y placer ses liquidités de 30 jours à 5 ans en réalisant un rendement variant de 0,35 % annualisé pour 30 jours à 1,25 % pour 5 ans ferme. Cette stratégie ne lui laissera hélas presque rien après que ses partenaires fédéral et provincial auront été payés. De plus, si on considère le fait que l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 1 % au cours de la période de 12 mois se terminant en janvier 2015, la situation est encore pire. En fait, il en résulte une perte du pouvoir d’achat. En agissant de cette façon, non seulement ne réalisera-t-il pas le but que chaque épargnant vise avec ses placements, soit celui de s’enrichir, mais il ne réussira même pas à protéger son capital.

Quoique presque désespérée, cette situation n’est cependant pas sans issue. À titre d’exemple, un portefeuille obligataire mixte activement géré, composé en majeure partie d’obligations municipales et de sociétés, de courtes et moyennes durées, réalisait un rendement annualisé de 3,3 % depuis 3 ans à la fin de l’année 2014. Nettement supérieur à ce qu’un dépôt à terme a donné au cours de cette même période. Il est vrai cependant que cette performance a bénéficié du mouvement baissier des taux d’intérêt. Comment se positionner désormais pour faire face à l’éventuelle remontée des taux ? La durée servant de levier au portefeuille lorsqu’il y a fluctuation des taux, il est clair que la gestion active demeure cruciale dans l’atteinte de l’objectif. Le gestionnaire qui pose l’hypothèse d’une hausse des taux mettra en place une stratégie de durée à plus court terme et essaiera de compenser la perte de revenu par une exposition du portefeuille obligataire à un niveau de risque supérieur.

Il y ajoutera alors une plus forte proportion d’obligations municipales et de sociétés. Certains utiliseront aussi les obligations à taux flottants, qui procurent un rendement « ajusté » à la variation des taux.

La gestion de nos liquidités relève du défi depuis quelque temps. C’est un aspect de nos finances trop souvent négligé pouvant avoir, comme illustré plus haut, des effets négatifs sur la valeur relative de notre capital. Il ne faut surtout pas hésiter à avoir recours à des spécialistes de cette question afin de mettre en place une stratégie efficace.

Sylvain B. Tremblay

Sylvain B. Tremblay, Adm.A., Pl. Fin.,
est vice-président, Gestion privée
à Optimum Gestion de placements inc.


 
• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2015 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
.

 

 

 

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