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Le REER-hypothèque remis au goût du jour

5 juin 2012 | Commenter

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Utiliser son REER pour s’octroyer soi-même une hypothèque est une solution qui pourrait sembler attrayante pour plusieurs clients. Peu utilisé par les consommateurs québécois, le REER-hypothèque mérite peut-être une nouvelle évaluation dans un contexte de très bas taux d’intérêt.

Dans le cas d’un REER-hypothèque, le consommateur rembourse le capital comme pour une hypothèque normale, mais les intérêts sont reversés dans son REER plutôt qu’à l’institution prêteuse. Dans un article sur le site Morningstar.ca, la journaliste spécialisée Deanne Gage donne l’exemple d’un client qui devrait renouveler une hypothèque où il reste 200 000 $ à payer. Le client doit d’abord obtenir l’approbation de l’institution financière après une vérification de son crédit. L’institution prendra ensuite  directement les 200 000 $ dans le REER du client et traitera cette somme comme s’il s’agissait d’une hypothèque.

« C’est comme si votre REER agissait comme votre banque, et il est utilisé comme garantie pour ce prêt », explique Frank DiPietro, directeur de la planification fiscale et successorale chez la Financière Mackenzie.

Au Québec, ce ne sont pas toutes les institutions financières qui offrent cette possibilité. Et de façon générale, elles en font très peu la promotion. Dans le passé, cette solution a remporté peu de succès auprès des clients, notamment en raison des contraintes  et des coûts initiaux qui y sont rattachées.

Nouveau contexte
Les rendements très bas que rapportent les fonds de titres à revenu fixe pourraient faire en sorte que les clients voient d’un autre œil cette solution. « Le taux du rendement sur votre hypothèque pourrait être beaucoup plus élevé que celui d’un CPG, de dépôts à terme ou de fonds du marché monétaire. Nous sommes dans une conjoncture à faibles taux d’intérêt. Cela peut-être le bon moment de détenir un placement hypothécaire qui paie 3 ou 4 % », dit M. DiPietro.

Dans le cas d’un REER-hypothèque, le taux d’intérêt  utilisé doit être semblable aux taux de prêts des institutions financières. Mais il est possible de choisir le taux autorisé le plus élevé en vigueur.

Des conditions et des frais
Il existe un assortiment de règles et de conditions, et le client qui considère cette option doit faire affaire avec un conseiller qui maîtrise ce produit. Il faut noter que les remboursements reversés au REER ne sont pas considérés comme des cotisations, puisque c’est un placement qui reste à l’intérieur du REER.

Un des obstacles au recours à cette solution, souligne l’article de Morningstar, est qu’il est préférable d’avoir déjà accumulé un montant important dans son REER. Il faut au minimum l’équivalent du montant de l’hypothèque restante. Mais M. DiPietro affirme qu’il est en fait mieux de détenir des actifs quatre fois plus importants que le montant du prêt, de manière à ce que seulement 25 % du REER soit investi dans l’hypothèque. Cela s’explique par les principes de base de la diversification. Les risques du REER ne peuvent pas être centrés sur un seul investissement, et il faut laisser la place à des placements qui peuvent générer des rendements plus élevés comme les fonds d’actions.

Dans le cas du REER-hypothèque, le client doit souscrire à une assurance hypothécaire pour toute la durée de temps où l’hypothèque est détenue dans le REER. S’ajoutent à cela des frais administratifs. Par exemple, chez TD Canada Trust, il faut payer 250 $ pour ouvrir ce type de compte et ensuite 225 $ de frais annuels pour le gérer.

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