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Le rejet du plan de sauvetage de Wall Street pourrait menacer les systèmes financiers mondiaux

1er octobre 2008 | Commenter

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Les Américains appuieront un plan de sauvetage de Wall Street quand ils ressentiront directement les effets de la crise financière, croit Jeff Rubin de Marchés mondiaux CIBC. Mais avant que cela arrive, le système financier mondial pourrait déjà avoir subi des dommages systémiques.

« En cédant au scepticisme de l’Américain moyen, les membres du Congrès ont rejeté le plan de sauvetage de Wall Street, laissant le système financier de leur pays, voire du monde entier, exposé à de nouvelles baisses de prix sur le marché de l’habitation aux États-Unis », déclarait l’économiste en chef et stratège en chef dans un nouveau rapport.

Pour M. Rubin, le rejet du plan de sauvetage par le Congrès reflète l’énorme fossé qui existe entre Wall Street et la population américaine. Malgré les turbulences touchant Wall Street, Monsieur et Madame Tout-le-Monde n’ont pas encore subi les répercussions de la crise.

Bien sûr, les taux d’intérêt sur les prêts hypothécaires à taux variable ont augmenté de presque 1 % aux États-Unis, les prêts pour automobile sont de plus en plus difficiles à obtenir et la location de véhicules consommant beaucoup d’énergie est presque révolue, affirme l’économiste. Pourtant, « sans une détérioration marquée du taux de chômage ou de la croissance du PIB, le peuple américain pourrait bien demeurer indifférent aux malheurs de Wall Street. Il faudra peut-être attendre un trimestre ou deux avant que l’Américain moyen ne ressente tout l’impact des déboires de ses institutions financières. » C’est peut-être seulement à ce moment que la population se montrera moins hostile à un plan de sauvetage.

La crainte de M. Rubin est que « le système financier ne soit pas en mesure de surnager assez longtemps pour qu’ayant assez souffert, l’Américain moyen adhère à un plan de sauvetage. Voilà pourquoi un tel plan doit être mis en place dès maintenant, avant que des dommages systémiques n’aient été subis ».

Bien que ni l’économie ni le marché de l’habitation ne soient aussi exposés à la crise financière américaine au Canada qu’aux États-Unis, les récents soubresauts de l’indice TSX montrent que ce dernier est beaucoup plus vulnérable à la crise que le Dow Jones ou le S&P 500.

« Les craintes concernant un effondrement des marchés financiers détournent les investisseurs des produits de base, a constaté M. Rubin. La récente évolution en dents de scie des prix du pétrole met en évidence le fait que les craintes qu’inspire le bilan financier désastreux des entreprises de Wall Street peuvent s’étendre à d’autres marchés, même lorsque ceux-ci sont fondamentalement peu liés entre eux. »

Selon M. Rubin, la demande mondiale de pétrole ne ralentira pas de sitôt : les ventes mondiales d’automobiles devraient atteindre des sommets pour la septième année d’affilée, puisque les pays comme le Brésil, la Russie, la Inde et la Chine continuent d’accroître leur demande de véhicules et, par le fait même, de pétrole.

L’économiste souligne aussi que, même si le prix des maisons se stabilise au Canada, il ne faut pas vraiment craindre un effondrement comparable à celui des États-Unis. À tous les égards, les ménages américains sont plus vulnérables que les Canadiens à la crise de l’habitation à cause de leur endettement plus important et de la valeur nette beaucoup moins élevée de leur patrimoine.

Au sommet du cycle actuel, les prêts hypothécaires à risque et ceux cotés Alt-A représentaient au moins 33 % des montages de prêts hypothécaires aux États-Unis. À la même époque, les prêts hypothécaires non conformes ont culminé à 5,4 % au Canada. C’est l’existence d’un tel ratio de prêts hypothécaires à risque qui a amené la chute des prix des maisons aux États-Unis et pas au Canada.

Pour consulter le rapport de Marchés mondiaux CIBC, cliquer ici.

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