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Économie

L’économie canadienne repose-t-elle sur la tirelire des consommateurs?

7 août 2014 | La rédaction | Commenter

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Si l’on en croit un nouveau rapport publié par Marchés mondiaux CIBC, les consommateurs canadiens auraient plus souvent recours à leur épargne qu’au prêt pour soutenir l’économie. Le document livre, entre autres, une radiographie des dépenses des ménages de même que des pronostics liés à la hausse des taux d’intérêt, qui pourrait influencer le contexte actuel.

« Bien que le premier trimestre n’ait pas été exceptionnel, les dépenses nominales des ménages ont tout de même progressé de 4,2 % d’une année sur l’autre, indique Avery Shenfeld, économiste en chef, Banque CIBC. En outre, son apport à la croissance du PIB demeure conforme à sa moyenne à long terme, et une accélération est prévue pour le deuxième trimestre. Jusqu’à tout récemment, ce ne sont pas les emprunts, mais la forte confiance et son incidence sur l’épargne qui ont dynamisé l’économie. »

Selon le rapport, « la faiblesse des gains au chapitre du revenu disponible a été contrebalancée par d’importantes hausses de la valeur nette attribuables à des marchés boursiers solides et à la flambée du prix des maisons ». Le taux d’épargne chiffré à environ 5 % au cours du premier trimestre de l’exercice représente un recul par rapport aux niveaux enregistrés au début de 2013.

Constats chiffrés

– En tant que part du revenu disponible, les paiements d’intérêts ont reculé de 1 % au cours de l’année et ont atteint un creux record de 7,1 % au premier trimestre.

– Le crédit aux ménages augmente actuellement d’un peu plus de 4 % sur douze mois, soit le taux de croissance le plus bas depuis 1995 et le rythme de progression le plus lent observé dans un contexte de non-récession depuis les 40 dernières années.

– Les prêts non hypothécaires n’augmentent que de 2 % en glissement annuel, et accusent un recul par rapport au revenu depuis les deux dernières années;

– Les soldes de cartes de crédit et les marges de crédit n’ont pas augmenté au cours de 2013;

– Les prêts directs ont progressé de 7,5 % sur douze mois, grâce à un bond de près de 18 % des prêts-automobiles, prêts que le rapport considère comme « une certaine forme de subvention par les fabricants et les concessionnaires » puisque « souvent offerts à des taux inférieurs à ceux que les consommateurs peuvent obtenir ailleurs et pour d’autres types d’achats ».

Prévisions

– L’emploi étant à la hausse aux États-Unis, M. Shenfeld prévoit que la Réserve fédérale haussera son taux dès mars 2015, et que celui-ci pourrait passer de « près de zéro à 1,25 % au cours des quatre trimestres subséquents ».

– Le taux des fonds américains en milieu de cycle n’atteindra que 2,5 % seulement, inférieur à celui de 3,75 % prévu par la Réserve fédérale à moyen terme.

– L’écart entre la croissance des emplois et celle du PIB aux États-Unis aura un impact sur la Banque du Canada. « Une hausse plus précoce que prévu par les États-Unis permettrait à la Banque d’augmenter les taux ici sans craindre une vigueur excessive du dollar canadien », commente M. Shenfeld.

– Si la hausse des taux est susceptible de ralentir ou de réduire les prix des maisons, on lui reconnaît aussi la possibilité d’influer sur les dépenses des ménages. Les statistiques actuelles révèlent que le taux d’accession à la propriété au Canada a atteint près de 70 %, et que les dépenses liées à l’habitation représentent presque 30 % du budget de consommation. « Même si l’endettement des ménages – incluant la variété des prêts hypothécaires – s’est accru plus lentement ces derniers temps, il représente encore une part de plus d’une fois et demie du revenu disponible », peut-on lire dans le document.

– Les Canadiens pourraient bientôt être confrontés au paiement de 100 points de base de plus en intérêt sur la dette actuelle d’ici le premier trimestre de 2016, ce qui représenterait près de 18 milliards de dollars de plus aux niveaux actuels de l’endettement, et plus de 1,5 % de la consommation actuelle des ménages.

– Dans ce contexte, les consommateurs pourraient être incapables de stimuler l’économie à même leur épargne plus longtemps, cette tâche revenant à la croissance du PIB des États-Unis et à l’entreprise canadienne.

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