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L’économie tournera au ralenti en 2015

15 avril 2015 | La rédaction | Commenter

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Il est « peu probable » que l’économie québécoise atteigne cette année le taux de croissance de 2 % escompté par le gouvernement provincial, en raison du manque d’investissements et du ralentissement du marché de l’immobilier, affirme Desjardins.

Dans une note économique publiée lundi, l’économiste principale du Mouvement, Hélène Bégin, souligne en effet que la progression du produit intérieur brut (PIB) s’est limitée à 1,3 % l’an dernier après avoir péniblement atteint 1 % en 2013 et 1,5 % en 2012.

Croissance anticipée : 1,7 %

Et même si certains observateurs sont d’avis que les vents seront assez favorables cette année pour propulser la hausse du PIB au-delà de 2 %, Mme Bégin anticipe plutôt une croissance de 1,7 %.

La raison? Depuis 2001, la barre des 2 % n’a été franchie qu’à trois reprises : en 2002 (+2,7 %), en 2004 (+2,6 %) et en 2010 (+2,3 %). Or, note-t-elle, « lors de ces épisodes, l’économie interne affichait beaucoup de vigueur et les points d’appui étaient nombreux », puisque le secteur immobilier résidentiel, notamment, se trouvait alors en plein essor et que les investissements des entreprises étaient en pleine expansion.

Autant de facteurs positifs qui sont absents aujourd’hui, observe l’économiste : « Le marché de l’habitation traverse une phase de ralentissement, la rigueur budgétaire restreint les dépenses publiques, les entreprises hésitent à investir et les ménages font preuve de prudence dans leurs achats. »

Quasi-stagnation des revenus

Par ailleurs, « la quasi-stagnation des revenus après impôts et le taux d’épargne à un creux de 0,8 % à la fin de 2014 révèlent une marge de manœuvre réduite », ce qui fait que, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, « l’économie interne avance à pas de tortue ».

Y a-t-il une chance pour que la demande intérieure s’accélère bientôt? Non, répond Hélène Bégin, pour trois raisons : « D’abord, il est trop tôt pour entrevoir une relance du secteur résidentiel qui se trouve en situation excédentaire. Ensuite, les gouvernements devront se serrer la ceinture encore un certain temps. Finalement, [avec leur faible taux d’épargne] les consommateurs n’ont pas la latitude pour contribuer davantage à la croissance économique. »

L’experte croit plutôt que « la lenteur persistante de la demande intérieure continuera de limiter la croissance économique du Québec », sans parler des « effets du choc démographique qui commencent à se faire sentir ».

Dans ces conditions, conclut-elle, « il est peu probable que l’économie interne retrouve un rythme très soutenu. Même si l’amélioration du commerce extérieur tombe à point, cela ne sera pas suffisant pour hisser la variation du PIB au-delà de 2 % cette année ».

La croissance mondiale demeure fragile, selon le FMI

Les perspectives en matière de croissance économique mondiale sont encourageantes, notamment en Europe et au Japon, où les signes de reprise se multiplient, a indiqué hier le Fonds monétaire international (FMI).

L’institution prévoit 3,5 % de croissance en 2015 dans l’ensemble du monde, et 3,8 % pour 2016. Pour sa part, l’économie américaine devrait croître de 3,1 % cette année, soit 0,5 % de moins qu’anticipé au mois de janvier.

En revanche, la Russie devrait connaître une chute marquée puisque son économie pourrait se contracter de 3,8 % cette année et de 1,1 % l’an prochain.

De son côté, la Chine (6,8 % en 2015 et 6,3 % en 2016) voit ses perspectives inchangées par rapport à janvier. Seule l’Inde décolle, avec une croissance de 7,5 % en 2015 et en 2016.


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