A A A

L’emploi progresse grâce au travail à temps partiel

14 octobre 2008 | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Tel que l’indiquent les données de Statistique Canada, après un déclin en juillet et une petite hausse en août, l’emploi a progressé de 107 000 en septembre. Presque toute la hausse provenait du travail à temps partiel (+97 000). Malgré cette croissance, le taux de chômage est demeuré à 6,1 %, la hausse de l’emploi contrebalançant une hausse comparable du nombre de personnes entrant dans la population active.

Lors des neuf premiers mois de 2008, la croissance de l’emploi s’est fixée à 1,1 % (+194 000), un taux inférieur à celui de 1,7 % (+275 000) de la même période l’année précédente. Ce résultat inclut 131 000 nouveaux emplois à temps partiel, soit près de deux fois le nombre d’emplois à temps plein. Pourtant, dans les neuf premiers mois de 2007, la croissance de l’emploi provenait surtout du travail à temps plein.

Le président national des TCA, Ken Lewenza croit que cette augmentation du nombre d’emplois à temps partiel ne peut pas remplacer les pertes d’emplois à temps plein. Il voit un lien entre ce résultat et la nouvelle politique économique du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

« Cette politique économique se traduit par une nette augmentation du nombre d’emplois à temps partiel au détriment des emplois à temps plein, en particulier dans le secteur industriel, a jugé M. Lewenza. Il se peut que le Parti conservateur s’attribue les mérites de la création d’emplois, mais les emplois à temps partiel ont peu d’incidence sur les 167 000 emplois sur lesquels comptaient les familles et qui ont été perdus dans le secteur manufacturier depuis que les conservateurs ont pris le pouvoir il y a deux ans et demi. »

Des 107 000 nouveaux emplois créés en septembre, neuf sur dix sont à temps partiel. « On ne peut pas s’attendre à ce que les Canadiens aient deux ou trois emplois à temps partiel juste pour joindre les deux bouts, a affirmé M. Lewenza. Pour bon nombre des 350 000 travailleurs dans le secteur manufacturier qui ont perdu leur emploi depuis 2002, c’est exactement ce qui est en train de se passer. »

M. Lewenza souligne que les emplois à temps partiel dans la plupart des secteurs de l’économie offrent des salaires inférieurs à la moyenne et, dans peu de cas seulement, des régimes de retraite et des avantages sociaux. Ils donnent également très peu de stabilité aux travailleurs. « Cette situation illustre une tendance très inquiétante pour la santé de l’économie du pays et ce n’est certainement pas ce que nous voulons léguer aux prochaines générations », a-t-il précisé.

Plusieurs hausses d’emploi dans différents secteurs et groupes d’âge
De nombreuses branches d’activité ont profité de hausses de l’emploi en septembre, les plus marquées survenant dans les soins de santé et l’assistance sociale (+40 000), dans les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien (+20 000), ainsi que dans le secteur de la fabrication (+20 000). L’emploi a également gagné du terrain dans le secteur du transport et de l’entreposage (+16 000), dans l’agriculture (+15 000), dans la construction (+14 000) ainsi que dans les « autres services » (+17 000). L’emploi dans les ressources naturelles a aussi légèrement grimpé (+6 700), presque entièrement grâce à l’Alberta.

Dans le secteur privé, le nombre d’employés a augmenté de 56 000 en septembre. Les travailleurs indépendants (+30 000) et les employés du secteur public (+21 000) ont affiché des hausses plus faibles.

Parmi les groupes d’âge, les jeunes de 15 à 24 ans (+45 000), les personnes de 55 ans et plus (+41 000) et les femmes de 25 à 54 ans (+24 000) ont tous vu l’emploi progresser en septembre.

Cinq provinces aident à la progression de l’emploi
Sur le plan provincial, en septembre, l’Ontario, le Québec, l’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse ont contribué à la progression globale de l’emploi au Canada.

En Ontario, l’emploi a grimpé de 52 000, portant la croissance depuis le début de l’année à 1,6 %. Malgré cette progression, le taux de chômage s’est modestement haussé pour atteindre 6,4 %, à cause de l’entrée importante de travailleurs sur le marché.

En septembre, l’emploi a monté de 32 000 au Québec, amenant le taux de chômage à 7,3 % (-0,4 %). Depuis le début de 2008, l’emploi est resté stable, les gains notés dans certaines secteurs (soins de santé et assistance sociale; fabrication; construction; information, culture et loisirs), ayant été neutralisés par le repli dans les commerces de détail et de gros, dans l’agriculture et dans les « autres services ».

En Alberta, l’emploi a crû de 17 000 en septembre, amenant la hausse depuis le début de l’année à 30 000 (+1,5 %), soit à peu près la moitié de la croissance notée au cours de la même période en 2007. En raison du grand nombre de personnes ayant fait leur entrée sur le marché du travail, le taux de chômage a crû de 0,3 % le mois dernier pour se fixer à 3,8 %, le plus bas taux au pays.

La Saskatchewan, elle, a profité de 7 700 emplois supplémentaires en septembre. Le taux de chômage a diminué de 0,4 % pour s’établir à 4,1 %. Depuis le début de l’année, l’emploi a progressé de 2,9 %, le taux de croissance le plus élevé de toutes les provinces.

En septembre, l’emploi a également augmenté en Nouvelle-Écosse (+4 900), ramenant le taux d’emploi à son sommet de 59,3 %. Toutefois, à Terre-Neuve-et-Labrador, il s’est replié de 2 700 pour finir légèrement en dessous du niveau de la fin de 2007.

Loading comments, please wait.