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L’endettement, ce n’est jamais plaisant

7 octobre 2015 | La rédaction | Commenter

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Plus d’un Canadien sur trois se dit nerveux et inquiet à l’idée d’avoir des dettes, tandis que près d’un sur 10 reconnaît s’être endetté de façon excessive à des fins de consommation, selon un rapport publié hier par l’Institut Info-Patrimoine BMO.

Intitulé La dette des ménages canadiens : bonne, mauvaise ou menaçante, ce document d’une dizaine de pages passe au crible les différents types d’endettement des ménages au pays, le montant de leurs dettes ainsi que leur attitude pour y faire face.

Il révèle par exemple que ce fardeau rend nerveuses et inquiètes 36 % des personnes interrogées et que 7 % d’entre elles avouent avoir dépensé plus que ne le permettaient leurs moyens financiers afin d’acheter des biens de consommation.

S’ENDETTER POUR ACCUMULER DU PATRIMOINE

Pour 16 % des sondés, enfin, l’endettement est un mal nécessaire, qui leur permet d’aider la famille ou des amis.

BMO souligne néanmoins que le pourcentage de ménages libres de dettes a augmenté au cours des trois dernières années, ce que confirme l’un de ses récents sondages selon lequel plus de la moitié (56 %) des Canadiens s’efforcent de rembourser la totalité de leur solde de crédit lorsque cela leur est possible.

D’un autre côté, le rapport montre que plus d’un sondé sur cinq (22 %) se sert de l’endettement pour accumuler du patrimoine. Dans ce contexte, près de la moitié d’entre eux (47 %) croient d’ailleurs que le niveau élevé d’endettement au pays a été influencé par l’augmentation des prix dans l’immobilier.

PRIORITÉ À LA RÉDUCTION DE L’HYPOTHÈQUE

Interrogés à savoir de quelle manière la faiblesse actuelle des taux d’intérêt avait influencé leurs décisions sur le plan financier, les Canadiens répondent qu’ils ont ainsi pu :

√ diminuer leur hypothèque (35 %);

√ vivre selon le mode de vie qu’ils souhaitaient (26 %);

√ acheter des produits de placement ou de l’immobilier (26 %);

√ acheter une maison plus vite que prévu (23 %);

√ consolider leurs dettes (21 %);

√ acheter une plus grande maison (18 %).

Le rapport précise en outre que 20 % des répondants ont discuté de stratégies de gestion de la dette et que 17 % ont parlé de stratégies de placement financé par emprunt avec un conseiller financier au cours des 12 derniers mois.

« IL FAUT ÉLIMINER LES MAUVAISES DETTES »

« Pour la plupart des Canadiens, l’objectif ultime devrait être de se débarrasser de ses dettes, mais la première étape devrait consister à éliminer les mauvaises dettes, qui ont le pouvoir de déstabiliser la situation financière d’un ménage », commente Jean Richard, vice-président, Gestion de patrimoine à BMO Nesbitt Burns.

« Le moment est parfaitement choisi, pendant que les taux d’intérêt demeurent bas, pour effectuer des remboursements importants sur le capital de son prêt hypothécaire, comme de nombreux Canadiens l’ont fait, afin de réduire le montant de la dette contractée du fait de la hausse des prix de l’immobilier », ajoute Jean Richard.

Mais, à l’inverse, conclut-il, ceux-ci « devraient éviter de courir le risque d’obtenir des prêts plus importants pour acheter une maison plus chère en s’appuyant sur la faiblesse des taux d’intérêt. Sachant que les taux d’intérêt ont toutes les chances d’augmenter dans un avenir prévisible, le moment est idéal pour élaborer un plan détaillé de gestion de la dette ».

Il y a dette et dette…

Statistique Canada a calculé que les familles canadiennes ont en moyenne 1,63 $ de dettes pour chaque dollar de revenu après impôt, ce qui représente un sommet en termes de dette contractée sur le marché du crédit par rapport au revenu disponible des ménages.

Toutefois, BMO relève que « s’il est vrai que la gestion de la dette devrait être une source de préoccupation pour bon nombre de ménages, cela ne signifie pas qu’ils ont tous un problème d’endettement ». En effet, « les statistiques sont faussées par le fait que 12 % d’entre eux ont une dette de 2,50 $ ou plus par dollar de revenu après impôt, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale ».


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