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Les jeunes diplômés traînent un boulet de plus en plus lourd

31 mars 2015 | La rédaction | Commenter

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L’endettement étudiant a atteint un tel niveau qu’il empêche de nombreux Canadiens d’acheter une maison, de faire des investissements et de jouer un rôle actif dans l’économie, indique un rapport publié hier par la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE).

Intitulé L’impact de l’endettement étudiant, ce document décrit de manière détaillée le fardeau que représente l’endettement étudiant sur l’économie et propose des solutions pour remédier à la situation.

Il cite également des rapports actuariels du Programme canadien de prêts aux étudiants anticipant que l’aide financière aux jeunes continuera à augmenter et que, par conséquent, le montant requis en prêts pour financer des études postsecondaires augmentera lui aussi.

Selon les prévisions du gouvernement fédéral, les frais de scolarité devraient croître annuellement de 2,5 % de plus que l’inflation au cours des 25 prochaines années. Si ce rythme se confirme, cela signifierait qu’ils atteindront 19 900 dollars en 2035-2036, comparativement à 5 959 dollars aujourd’hui.

Études postsecondaires : de 55 000 à 84 000 $

Par ailleurs, l’étude relève que ces frais ne représentent qu’une partie des coûts qu’un jeune doit engager pour obtenir un diplôme de premier cycle. Sur la base d’un récent rapport de la TD, elle estime qu’un étudiant ayant entrepris ses études postsecondaires en 2011 aura dépensé 55 000 dollars pour décrocher le précieux sésame s’il habite chez ses parents, et jusqu’à 84 000 dollars s’il étudie loin de la maison familiale et doit se loger.

Des coûts élevés qui se traduisent par « des niveaux d’endettement considérables » parmi les récents diplômés, conclut la FCEE. Ainsi, en 2014, la dette moyenne à l’obtention du diplôme parmi les jeunes ayant contracté un prêt étudiant auprès du gouvernement fédéral était évaluée à plus de 28 000 dollars.

Et encore, souligne la Fédération, cette estimation ne tient pas compte des intérêts composés qui courent une fois le diplôme obtenu et varient en fonction du temps requis pour rembourser l’emprunt.

« Un effet dévastateur sur les diplômés »

Sa conclusion : ce niveau élevé d’endettement « nuit considérablement à la capacité des récents diplômés de participer à l’économie et d’atteindre la stabilité financière ».

« L’endettement étudiant est un boulet pour les Canadiennes et Canadiens à faible revenu, même s’ils ont un diplôme en poche, commente Jessica McCormick, présidente nationale de la FCEE. Les lourdes dettes, qui s’ajoutent à la faiblesse du marché du travail, ont un effet dévastateur sur les diplômés, leur famille et l’économie. »

Ainsi, l’an dernier, plus de 200 000 jeunes au pays ont été incapables de faire des paiements sur leur prêt étudiant, soit une hausse de plus de 25 % depuis 2012, et ce, bien que 42 % des jeunes adultes vivent toujours au domicile familial, ce qui leur permet de réduire leurs frais de subsistance.

« La prédominance d’une aide financière basée sur les prêts et la morosité du marché du travail ont fait de la jeune génération une génération ‘boomerang’. Relancer l’économie en réduisant l’impact de l’endettement étudiant doit être une priorité pour tous les partis », conclut Jessica McCormick.

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