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L’envolée du huard affecte les rendements des fonds

5 novembre 2007 | Commenter

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Alors que certains de vos clients seront probablement allés aux États ce week-end pour faire quelques achats bon marché, d’autres scruteront leur portefeuille d’investissement en se demandant comment arrêter de perdre de l’argent en raison de l’augmentation du huard.

Le rapport mensuel d’octobre de Morningstar Canada montre à quel point il a été difficile pour certains fonds de produire des rendements positifs en raison de l’appréciation fulgurante du dollar canadien, qui a freiné les rendements sur huit des 40 indices de fonds de Morningstar.

L’indice des fonds d’actions américaines a perdu 2,7 %. Depuis le début de l’année, l’indice a perdu 9,5 %. « Le déclin du dollar a certainement entamé la performance de la plupart des fonds étrangers, que ce soit les titres américains, les titres mondiaux ou les fonds de titres internationaux du marché émergent, souligne Bhavna Hinduja, analyste de fonds à Morningstar Canada. Il aurait été judicieux d’avoir couvert vos portefeuilles contre les risques de fluctuation des devises. »

Mme Hinduja avance que si nous devions regarder le S&P 500 en dollars américains, nous verrions un rendement positif de 1,6 % pour le mois d’octobre. Transposé en dollars canadiens, le résultat équivaut à une perte de 2,7 %. « Voilà à quel point le jeu des devises peut influer sur le court terme », dit-elle.

L’appréciation du dollar nuit aussi à ceux qui ont investi dans des fonds de titres japonais. Morningstar révèle que l’indice Nikkei 225 a perdu 0,3 % en octobre, tandis que le yen japonais s’est déprécié de 5,2 % par rapport au huard. Cela a fait en sorte que l’indice des fonds de titres japonais a affiché une perte de 5,2 %, ce qui en a fait l’indice de fonds au pire rendement le mois dernier.

En plus des difficultés du Japon avec le dollar, Mme Hinduja affirme que les échanges commerciaux en yens affectent toujours les marchés là-bas. Cependant, elle ajoute que quelques gestionnaires de style valeur trouvent encore des occasions dans ce marché déprimé. « Ces gestionnaires croient que ce marché est excessivement survendu, donc quelques-uns glanent des titres là-bas », explique-t-elle.

Le huard n’a pas été le seul à s’apprécier en octobre. Le cours du pétrole a fait de même, imprimant au secteur des ressources une autre forte hausse.

Grâce au cours du brut en hausse et à l’incertitude du marché, l’indice des fonds de titres de métaux précieux Morningstar a été la vedette du mois d’octobre avec un gain de 8,6 %. Mme Hinduja souligne que l’or est devenu une valeur de placement refuge pour quelques investisseurs afin de se prémunir des turbulences du marché, c’est pourquoi l’indice des métaux précieux s’est accru.

Le deuxième indice le plus performant a été celui des fonds de l’Asie du Pacifique, sans le Japon, qui a affiché un gain de 5,7 %. Son rendement aurait été encore plus significatif si les devises de la Chine, de Hong Kong et de la Corée du Sud ne s’étaient pas dépréciées de 4 % par rapport au dollar canadien.

« Les investissements dans cette région ont profité du relâchement des taux d’intérêt décrété par la Réserve fédérale américaine, explique Bhavna Hinduja. Les titres des exportateurs asiatiques ont bien fait après avoir été calmés de l’éventuel impact d’une récession de l’immobilier sur l’économie américaine par le resserrement des taux et par les données de forte croissance aux États-Unis, qui est le marché principal d’exportation de l’Asie. »

Grâce aux forts rendements de l’Asie – et à la croissance du Mexique et du Brésil – l’indice des fonds de titres du marché émergent a gagné 5,3 %.

Les fonds de ressources naturelles ont également affiché une belle tenue en octobre – l’indice de fonds de titres de ressources naturelles de Morningstar a présenté un rendement de 5,1 %, alors que les fonds de titres canadiens bien garnis en compagnies de ressources ont connu également des rendements positifs.

De leur côté, les deux indices Morningstar de petites et moyennes capitalisations ont affiché des rendements de 4 et 4,9 %, alors que l’indice des grandes capitalisations a produit un rendement de 3,5 %.

En raison de l’accroissement régulier des cours du pétrole et du fait que la hausse de la valeur du dollar ne semblera pas s’arrêter de sitôt, il s’agit d’une période particulièrement trouble pour les investisseurs. Mme Hinduja croit qu’à long terme, tout cela devrait ralentir. « D’ici là, la prudence s’impose dès maintenant pour les investisseurs », conseille-t-elle.

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