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Les 20-35 ans sont-ils une « génération sacrifiée »?

10 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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reunion_conference_groupe_jeunes_equipe_bureau_425reunion_conference_groupe_jeunes_equipe_bureau_425Les membres de la génération Y doivent se serrer davantage la ceinture que leurs aînés et leurs revenus sont moindres, rapporte The Guardian dans un dossier très fouillé.

Pour établir ce constat, le quotidien britannique décortique une étude du Luxembourg Income Study Center (LIS) portant sur huit pays (États-Unis, Canada, Australie, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne), qui représentent à eux seuls 43 % du produit intérieur brut mondial.

La conclusion de cette enquête est sans appel, puisque les moins de 35 ans qui y vivent ont un revenu inférieur de 20 % par rapport à la moyenne nationale de leurs pays respectifs. Mais comme le montre un « comparateur-calculateur » mis en ligne par le journal, la situation varie selon les États.

LE CANADA PLUTÔT BIEN PLACÉ

Ainsi, chez nos voisins du Sud, les 65-69 ans ont vu leur revenu augmenter de 28 % entre 1979 et 2010, alors que 25-29 ans ont au contraire vu le leur chuter de 9 %. En Grande-Bretagne, l’écart est encore plus important, puisque le revenu des nouveaux retraités s’est accru de 62 % sur la même période tandis que celui des jeunes a régressé de 2 %.

Selon les données du LIS, la situation est moins contrastée au Canada, même si la tendance demeure identique avec 5 % de hausse entre 1987 et 2010 pour les 65-69 ans, 16 % pour les 70-74 ans… mais -4 % pour les membres de la génération Y.

Bien que les raisons de l’appauvrissement de la génération Y soient parfois un peu différentes d’un pays à l’autre, The Guardian explique que cette régression résulte d’une combinaison de plusieurs facteurs, comme le surendettement, le chômage, le vieillissement de la population et la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier résidentiel.

« INÉGALITÉ SANS PRÉCÉDENT »

Au bout du compte subsiste « une inégalité sans précédent entre les générations », écrit le quotidien. En effet, il y a 30 ans, la tendance était exactement inverse : les revenus des jeunes adultes étaient supérieurs à la moyenne nationale, alors qu’aujourd’hui la crise économique les a fait chuter de 20 % par rapport à cette moyenne.

Sa conclusion : en plus d’être anormale, cette situation risque d’avoir de graves conséquences en matière de cohésion familiale et sociale.

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