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Revue de presse

Les 37 administrateurs les plus influents du Québec

26 novembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Qui compose l’« élite économique » québécoise en 2015? Pour répondre à cette question, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a dévoilé hier une étude qui dresse le portrait des administrateurs ayant le plus de pouvoir dans la province.

Intitulé Interconnexions : Étude du réseau social des entreprises québécoises, ce document d’une vingtaine de pages passe au crible le réseau des conseils d’administration des sociétés cotées en bourse.

Après analyse de leur composition, l’IRIS précise avoir identifié « 37 individus centraux dans le réseau des entreprises québécoises », autrement dit des « personnes se démarquant par leur nombre élevé de contacts ainsi que par leur proximité et leur intermédiarité avec d’autres personnes ».

Pour consulter l’étude complète et les noms des 37 personnalités, cliquez ici.

LIAISONS PUBLIC-PRIVÉ

« Ce qu’on observe tout d’abord, c’est un phénomène de portes tournantes entre le public et le privé, indique Audrey Laurin-Lamothe, chercheuse-associée à l’IRIS et auteure de la publication. En effet, des 37 administrateurs les plus influents, 16 ont occupé dans le passé des fonctions, soit à titre de cadre, de fonctionnaire ou d’élu, dans l’appareil étatique. »

Ce phénomène « explique en partie comment des pratiques du secteur privé ont été importées à l’intérieur du secteur public, comme la nouvelle gestion publique par exemple », ajoute-t-elle.

Selon l’IRIS, le rapport permet également de comprendre quelles sont les compagnies qui structurent le système économique québécois d’aujourd’hui. Son constat? « Les banques agissent comme pôle d’attraction, c’est-à-dire que beaucoup de personnes influentes et d’entreprises gravitent autour de celles-ci. »

Ainsi, douze de ces individus ont travaillé au cours de leur carrière à la Banque Nationale du Canada, relève l’Institut. De même, BCE, Power Corporation et Métro (l’épicier) sont également très bien réseautées, puisque sept membres du « top 37 » identifié dans le rapport ont siégé à leur conseil d’administration durant ces mêmes années.

SOUS-REPRÉSENTATION FÉMININE

Audrey Laurin-Lamothe observe par ailleurs que certaines sociétés, dont TVA et Québecor, « semblent représenter ensemble un fief isolé en n’étant pas connectées aux autres entreprises étudiées ».

Enfin, elle souligne que l’« élite économique » québécoise ne fait pas exception aux autres sphères de pouvoir en termes de représentation féminine : « Le réseau des administrateurs québécois est un véritable boys’ club. Sur les 37 personnes influentes identifiées, six seulement étaient des femmes, ce qui ne représente que 16 % du groupe. »

« Grâce à notre publication, il est désormais possible de comprendre comment les entreprises sont liées entre elles, mais également qui sont les gens au cœur de ces réseaux. On peut supposer que ces liens favorisent la concordance des opinions, des stratégies et des points de vue politiques », conclut la chercheuse.

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