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Économie

Les banques américaines camouflent encore des risques

7 janvier 2013 | La rédaction | Commenter

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Les nouvelles réglementations adoptées aux États-Unis après la crise de 2008 devaient rendre les grandes banques plus sûres. La transparence dans les états financiers semble en tout cas ne pas s’être améliorée, laissant aux investisseurs la possibilité d’imaginer le pire concernant la stabilité des banques. Des gestionnaires de fonds reconnus commencent à dire publiquement qu’ils ont peu confiance en les états financiers publiés par les grandes banques.

C’est le constat qui ressort d’un long article publié dans le numéro de janvier 2013 du magazine américain The Atlantic. Les auteurs font notamment une analyse de cas à partir des états financiers de la banque Wells Fargo, réputée comme l’une des plus sûres. Leur conclusion? Il est très difficile, même pour un analyste aguerri, de savoir exactement à quels risques cette banque est réellement exposée.

Un gestionnaire de fonds influent, Paul Singer, qui dirige le fonds Elliott Associates, est également cité : « Aucune des principales institutions financières aujourd’hui ne présente des états financiers donnant une information utile et pertinente au sujet des risques auxquels elle s’expose ».

Un récent sondage commandé par Barclays Capital illustre aussi cet état d’esprit. Plus de la moitié des investisseurs institutionnels interrogés disent ne pas avoir confiance dans la manière dont les banques mesurent les risques associés à leurs actifs. Les gestionnaires de hedge funds se sont fait demander s’ils jugeaient fiables les chiffres utilisés par les banques pour calculer les « coussins de sûreté » en capital qu’elles doivent mettre de côté. Plus de  60 % des répondants ont donné une note de 1 ou de 2, sur une échelle de 5! Aucun des spécialistes n’a attribué une note de 5 aux banques.

Des pertes sur placement
Les sources de revenus des banques ne se limitent plus aux traditionnelles activités de prêts et aux frais de services. Une part importante de leurs revenus provient désormais de placements et de prises de position sur les marchés financiers. L’an dernier, la banque JPMorgan a dû essuyer une perte de 6 milliards de dollars, en raison de placements effectués par une petite unité de la banque, appelée Chief Investment Office. Cette unité était chargée d’investir de façon prudente les fonds propres de la banque et de… réduire ses risques.

« Au cœur du problème se trouve une inquiétude à propos de l’exactitude des rapports financiers des banques », écrivent les auteurs de l’article dans The Atlantic. « Certaines questions sont de base : comment les banques comptabilisent-elles les prêts? Les investisseurs peuvent-ils évaluer correctement la valeur actuelle de ces prêts? D’autres questions sont plus compliquées : quels risques impliquent les instruments financiers sophistiqués, comme ceux qui ont entraîné la perte importante de JPMorgan? », ajoutent les auteurs.

Le cas Wells Fargo
L’analyse du dernier rapport annuel de la banque Wells Fargo permet de montrer que les méthodes comptables utilisées ne sont sans doute plus adaptées aux nouvelles activités des banques. Les sources de revenus sont rangées dans deux grandes catégories, soit « revenus d’intérêts », correspondant traditionnellement aux activités de prêts, et « revenus qui ne sont pas des intérêts ». Une analyse approfondie permet de constater que des revenus provenant de placements sont en fait disséminés en de nombreux endroits dans les états financiers, rendant difficile une évaluation globale du risque.

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