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Économie

Les banques canadiennes doivent changer

1er octobre 2014 | La rédaction | Commenter

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Face à une réglementation changeante, aux attentes croissantes des clients et des investisseurs et aux avancées technologiques, les banques canadiennes vont être rapidement contraintes d’instaurer de nouvelles stratégies pour poursuivre leur croissance, estime un rapport d’Ernst & Young (EY) publié lundi.

Intitulé Nouveaux courants, nouveaux défis. Aperçu du secteur bancaire canadien, celui-ci aborde quatre grands thèmes :
• la transformation du rôle des succursales et son incidence sur le modèle d’affectation du personnel;
• la prévention et la détection de la fraude à l’aide de l’analyse des données aux fins d’investigation;
• l’évolution des attentes envers les comités d’audit par rapport à leur rôle de surveillance des auditeurs externes;
• les nouvelles exigences du Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) des États-Unis.

Revoir le modèle d’affectation du personnel
Selon les analystes d’EY, les banques doivent assouplir leurs pratiques en matière d’affectation du personnel. Ainsi, elles pourront « mieux gérer leurs coûts de main-d’œuvre variables à l’intérieur d’un modèle d’exploitation reposant sur des coûts majoritairement fixes », et s’adapter notamment aux besoins des clients en quête de services, de conseils ou de solutions à leurs problèmes.

Plusieurs ont d’ailleurs déjà entamé ce processus en créant la fonction de « banquier universel » au sein de leurs succursales. Une fonction qui tranche avec le concept traditionnel de personnel de vente d’un côté et celui de caissier de l’autre côté, puisque cet employé polyvalent peut à la fois offrir des services et vendre des produits.

Prévenir la fraude
L’analyse des données peut s’avérer un puissant outil de dissuasion, de détection et d’investigation des cas de fraude à l’échelle organisationnelle, souligne EY. Pourtant, selon un récent rapport de la firme, Big risks require big data thinking: global forensic data analytics survey 2014, trop peu d’entreprises tirent parti de cet outil.

Or, les banques ratent là une superbe occasion, « car l’examen d’un maximum de données issues du plus grand nombre possible de systèmes peut aider à repérer des profils d’activités potentiellement frauduleuses au sein d’une organisation », et notamment permettre la détection rapide de comportements fautifs.

Curieusement, si 80 % des répondants du secteur des services financiers ont indiqué que leur entreprise a recours à l’analyse des données pour investiguer le recyclage des produits de la criminalité, ils figurent presque au dernier rang pour ce qui est de son recours pour détecter les cas de corruption (66 %), relève EY.

En outre, ce sont les sociétés de ce secteur qui ont le moins recours à l’analyse des données pour les cas de fraude dans les états financiers.

L’évaluation de la qualité de l’audit
EY souligne l’importance qu’il y a d’améliorer la qualité de l’audit des institutions financières et de resserrer l’indépendance de l’auditeur. Pour faciliter ce processus, note la firme, des pays du monde entier ont instauré « des mesures comme l’obligation d’un appel d’offres pour les audits, la rotation des auditeurs et la limitation des services autres que d’audit fournis par l’auditeur ».

Les Comptables professionnels agréés du Canada et le Conseil canadien sur la reddition de comptes ont d’ailleurs élaboré des recommandations en ce sens, note la firme. Mais celles-ci portent plutôt sur l’amélioration du rôle du comité d’audit dans la supervision des travaux effectués par l’auditeur externe.

En mai dernier, le Bureau du surintendant des institutions financières a également émis des recommandations afin d’aider les banques canadiennes à améliorer la qualité de leur audit, souligne EY, qui les appelle à les mettre en œuvre dès l’exercice 2014.

L’incidence du FATCA sur les banques
Le document d’EY analyse enfin l’incidence du FATCA sur les banques canadiennes. En vertu de cette loi adoptée en 2010, les institutions financières et autres intermédiaires financiers non américains sont en effet tenus de transmettre à l’Internal Revenue Service des États-Unis des renseignements sur les comptes détenus par des citoyens américains.

Pour satisfaire ces exigences, Ottawa a adopté plusieurs dispositions législatives en juin dernier et créé la Partie XVIII de la Loi de l’impôt sur le revenu. De son côté, l’Agence du revenu du Canada a publié un Document d’orientation de déclaration améliorée de renseignements sur les comptes financiers – Partie XVIII de la Loi de l’impôt sur le revenu afin de faciliter le processus de déclaration.

Une entité canadienne, y compris la succursale canadienne d’une entité établie à l’extérieur du pays, est réputée être une institution financière canadienne déclarante s’il s’agit d’un établissement de garde de valeurs, d’un établissement de dépôt, d’une entité d’investissement ou d’une société d’assurance particulière.

Toutefois, « certaines petites banques et coopératives de crédit locales peuvent être exemptées des obligations prescrites par le FATCA, dans la mesure où elles répondent à certains critères, y compris un plafond d’actifs de 175 M$ pour une banque ou une coopérative de crédit et de 500 M$ pour un groupe qui leur est lié », précise le rapport.

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