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Les banques centrales européennes veulent réveiller les marchés endormis

6 juin 2014 | Yves Rivard | Commenter

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Apparemment stimulées par l’annonce du président de la Banque centrale européenne visant à lutter contre la faiblesse de l’inflation de la zone euro (voir encadré plus bas), les banques centrales européennes auraient l’intention de réveiller les marchés qu’elles auraient, lentement mais sûrement, contribué à endormir.

Selon Bloomberg, les signes de ce réveil seraient observables dans les choix à venir des différentes institutions, qui n’auraient plus à faire front commun comme ce fut le cas en pleine crise financière. Pronostic : le résultat devrait générer davantage d’opportunités pour les investisseurs œuvrant dans les marchés des obligations et des devises.

Cette diversité en matière de politique financière, que certains décrivent davantage comme une  divergence, serait aussi évidente dans le portrait que dresse Morgan Stanley des 16 banques centrales suivies, soit celui voulant que sept d’entre elles, provenant majoritairement de marchés émergents, prôneraient un resserrement des politiques monétaires, alors que les neuf autres seraient en faveur d’un relâchement.

Ces « divergences » devraient s’accentuer au cours des trois prochaines années, alors que la Fed et la Banque d’Angleterre hausseront leurs taux, ce qui devrait les positionner différemment de la BCE et de la Banque du Japon, selon Andrew Kenningham, économiste chez Capital Economics, à Londres. « D’ici 2017, la différence entre l’indice de référence US et ceux de la zone euro et du Japon pourrait approcher les 4 %, rapporte Bloomberg. De tels écarts ne sont pas sans précédent. La différence entre les taux américains et japonais a souvent excédé les 4 % au cours des dernières décennies. Tout au long des années 80, l’écart entre l’Allemagne et les États-Unis s’est tenu à 3 %. »

La fin de l’unanimité en la matière devrait également avoir une « influence substantielle sur les marchés financiers » dont les effets concrets seraient une hausse probable de la devise américaine et un plus grand écart sur les rendements obligataires entre les États-Unis et le reste du monde, selon Kenningham. Une tendance baissière de l’euro au cours des prochains trimestres pourrait aussi en résulter.

« Si les décideurs de politiques monétaires sont en mesure de réactiver les marchés, peut-être pourront-ils aussi réduire la menace des bulles spéculatives et garder les taux d’intérêt assez bas pour stimuler la croissance économique », a déclaré Steven Englander, dirigeant du Group of 10 Foreign-Exchange Strategy de Citigroup. Une plus grande volatilité devrait décourager davantage les prises de profits dans les marchés d’actifs qu’encourager l’inactivité », cite Bloomberg.

La Banque centrale européenne (BCE) a créé l’événement jeudi en annonçant la réduction de ses principaux taux directeurs à de nouveaux planchers historiques et le passage en zone négative du taux de la facilité de dépôt, initiatives visant à lutter contre la faiblesse de l’inflation observée dans la zone euro.

Ainsi, le taux de refinancement a été abaissé de 0,10 point à 0,15 % à l’instar du taux de la facilité de dépôt, qui passe à -0,10 %.

Le taux de prêt marginal a, quant a lui, été revu à la baisse de 0,35 point, à 0,40 %.

À noter : la BCE est la première des grandes banques centrales à s’aventurer dans une stratégie de taux négatifs, qui consiste presque à faire payer aux institutions le dépôt d’une partie de leurs liquidités auprès de l’institut d’émission.

Une série d’autres mesures sont prévues, dont  un programme de prêts ciblés (targeted longer-term refinancing operations) pour aider les institutions financières à accorder davantage de crédit aux ménages et aux entreprises.


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