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Les banques centrales peuvent-elles en faire plus?

9 mai 2016 | La rédaction | Commenter

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crise_drapeau_425Les banques centrales doivent trouver des moyens de prévenir les crises financières au lieu de se contenter d’en gérer les conséquences. C’est, du moins, l’avis du sous-gouverneur de la Banque du Canada, Lawrence Schembri.

Il a lancé ce message vendredi à Ottawa lors d’un colloque conjoint de la Banque du Canada, du Fonds monétaire international, du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale et du Peterson Institute for International Economics.

Selon lui, les banques centrales ont joué un rôle majeur dans le maintien de la stabilité financière lors de la dernière crise. Cependant, il juge qu’il est temps de se demander si elles ne pourraient pas faire plus pour prévenir les crises financières, plutôt que de se limiter à les gérer ou en atténuer les impacts négatifs.

Il appelle les banques centrales à mettre l’accent sur la prévention des crises par d’autres moyens que la politique monétaire. Cette dernière serait trop peu nuancée pour être utilisée en vue d’atténuer les vulnérabilités financières. Par contre, la capacité d’analyse des banques centrales et leur point de vue systémique pourraient contribuer davantage à la stabilité.

AMÉLIORER SA DÉFENSIVE

Il faudrait dépasser les stratégies dans lesquelles se succèdent différentes lignes de défense, pour plutôt utiliser simultanément les barrières à l’instabilité que sont l’éducation financière des consommateurs, des prêteurs et des investisseurs, ainsi que la réglementation et la surveillance microprudentielles et macroprudentielles et la politique monétaire, croit Lawrence Schembri.

Ce dernier reconnaît que les banques centrales partagent la responsabilité de la stabilité financière avec le gouvernement et d’autres autorités de réglementation et de surveillance.

Dans une telle optique, le rôle des banques centrales changerait de quatre manières :

  1. En incitant les emprunteurs et les prêteurs à la prudence, par exemple par la publication de revues du système financier ou de rapports sur la stabilité financière;
  2. En renforçant la discipline du marché en rendant publiques, de manière transparente, leurs analyses et leurs évaluations;
  3. En affermissant la réglementation et la surveillance du secteur financier, notamment en soumettant certains acteurs, comme les banques, à des test de résistance macroprudentiels;
  4. En contribuant au suivi du risque systémique et à l’élaboration de mesures macroprudentielles.

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