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Les banques ont payé 190 G$ d’amendes depuis 2007

30 juin 2015 | La rédaction | Commenter

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Depuis le début de la crise financière, le montant total des amendes qu’ont dû payer les banques du monde entier pour fraudes atteint près de 190 milliards de dollars américains, selon un décompte récemment réalisé par Le Monde.

Pour arriver à ce chiffre, le quotidien affirme avoir compilé les pénalités infligées par des autorités financières aux banques depuis le début de la crise, en août 2007, des données qui sont accessibles dans leur intégralité, grâce à un tableur.

À noter que seules les amendes supérieures à un million de dollars et délivrées à l’encontre des banques ont été recensées, ce qui exclut donc les fonds d’investissement et les particuliers.

LES ÉTATS-UNIS PLUS SÉVÈRES

Première observation : c’est aux États-Unis que les autorités se montrent, et de très loin, les plus sévères, puisqu’elles ont infligé 97 % des amendes, soit environ 185 milliards.

Avec plus de 200 amendes, les régulateurs américains punissent 68 fois plus souvent que leurs homologues suisses, 15 fois plus que les Européens en général et sept fois plus que les Britanniques. Et les banques de l’autre côté de la frontière sont aussi celles qui sont les plus sanctionnées, avec 141 amendes les concernant, contre 57 pour les institutions financières britanniques et six pour les établissements français.

C’est Bank of America (BofA) qui se détache du lot des groupes des pénalisés (plus de 87 milliards d’amendes en neuf ans), suivie de loin par JPMorgan (33,5 milliards) et par Citigroup (14,5 milliards).

61,40 G$ D’AMENDES EN 2014

Deuxième constat : le montant annuel des amendes augmente d’année en année, spécialement depuis 2012 avec les mesures politiques prises par Barack Obama pour tenter d’assainir le milieu de la finance.

Ainsi, le nombre et le montant total des pénalités ont évolué comme suit : 2,45 G$ en 2009 (huit amendes); 3,76 G$ en 2010 (13 amendes); 15,30 G$ en 2011 (37 amendes); 34,82 G$ en 2012 (34 amendes); 55,40 G$ en 2013 (56 amendes) et 61,40 G$ l’an dernier (66 amendes).

À noter que le montant moyen de chaque amende s’est stabilisé aux environs d’un milliard au cours des dernières années, après avoir grandement varié au début de la crise.

Toutefois, note Le Monde, au fil des ans, les amendes très élevées ont tendance à devenir plus courantes, comme l’ont récemment appris à leurs dépens Bank of America (16,65 G$ en 2014 et 11,56 G$ en 2013), JP Morgan (12,98 G$ en 2013) ou encore BNP Paribas (8,97 G$ en 2014).

DES MOTIFS TRÈS VARIABLES

Le journal passe par ailleurs au crible les infractions qui ont motivé cette avalanche de sanctions. Si la majorité d’entre elles visaient à sanctionner des violations d’embargos et des activités de blanchiment, plusieurs banques ont aussi payé leur (mauvaise) conduite dans la crise des prêts hypothécaires américains à risque ou ont été condamnées à réparer les dégâts des saisies immobilières abusives chez nos voisins du Sud.

Enfin, plusieurs infractions commises à l’interne sont également à l’origine de pénalités, comme celle dont a écopé le groupe britannique Lloyds Banking Group, accusé d’avoir exercé une telle pression sur ses employés que l’un d’eux s’est vendu à lui-même et à sa famille des produits financiers qu’il n’arrivait pas à écouler à ses clients.

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