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Économie

Les banques ont supprimé 600 000 emplois depuis la crise

12 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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cv_curriculum_vitae_emploi_426Ébranlées par la crise financière et la révolution numérique, les banques ont supprimé plus d’un demi-million d’emplois en sept ans à l’échelle mondiale.

Bloomberg évalue que les banques ont réduit leurs effectifs d’environ 600 000 postes depuis la crise économique de 2008, rapporte Le Figaro. Ni les sièges sociaux ni les succursales ne sont épargnés.

Les coupes les plus sévères ont eu lieu dans les grandes banques internationales, telles que Citigroup. Présente dans plus de 100 pays, l’institution financière américaine a supprimé plus du tiers de ses effectifs, soit près de 140 000 employés et prévoit supprimer 2000 autres postes dans les prochains mois.

La Banque HSBC a quant à elle annoncé le congédiement de 25 000 employés avant 2017, tandis que Deutsche Bank prévoit un plan d’économie de 4,7 milliards d’euros et 26 000 licenciements d’ici 2018.

En France, la Société Générale, qui a déjà supprimé des milliers de postes depuis 2008, prévoit désormais la fermeture de 400 succursales d’ici 2020, ce qui représente 20 % de son réseau.

LA FAUTE AUX ORDINATEURS

Bien que la crise des subprimes et les taux d’intérêt historiquement bas aient eu un impact majeur sur la rentabilité des banques, Bloomberg estime que c’est surtout la transformation numérique de l’industrie financière qui a mené à ces coupures massives. De nombreuses opérations autrefois réalisées par des salariés sont désormais automatisées. Par exemple, les achats et ventes d’actions d’entreprises, de devises ou encore de produits dérivés sont de plus en plus gérés par des ordinateurs.

En outre, l’utilisation des mégadonnées (big data) permet à la fois aux banques d’investissement de mieux identifier les besoins de leurs clients et de réduire de façon importante leurs dépenses d’exploitation. BNP Paribas a d’ailleurs annoncé en novembre qu’elle étudiait les possibilités des mégadonnées dans le cadre de son programme de réduction des coûts.

LA FIN DES SUCCURSALES?

Dans le secteur du détail, les pertes d’emploi sont plutôt causées par les applications bancaires mobiles, qui ont vidé les succursales au cours des dernières années. Plus de la moitié (52%) des Français se rendaient dans leur banque plusieurs fois par mois en 2010, alors qu’ils ne sont plus que 21 % à en faire de même aujourd’hui, d’après une étude publiée par la Fédération bancaire française (FBF).

Si les employés des banques font les frais de cette « numérisation » des services financiers, il en est tout autrement des investisseurs, qui bénéficient d’une forte réduction des coûts des transactions financières. Selon Bloomberg, échanger des bons du Trésor américains coûte aujourd’hui cinq fois moins cher que lorsque cette pratique n’était pas automatisée.

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