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Économie

Les bas taux augmentent le risque que courent les banques

22 mai 2013 | Ronald McKenzie | Commenter

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La persistance des bas taux d’intérêt n’affecte pas seulement les régimes de retraite et les compagnies d’assurance. Elle accroît également le niveau de risque que doivent courir les banques canadiennes afin de maintenir leurs revenus, dit Julie Dickson.

Au cours d’une allocution prononcée dans le cadre du Sommet économique annuel de Bloomberg Canada, la surintendante des institutions financières du Canada a indiqué que le contexte économique actuel ne sourit pas aux grandes banques.

« Cette situation peut [les] inciter à bonifier leurs actifs productifs de bénéfices en cherchant à accroître leur part de marché (un exercice à somme nulle), à accroître leurs activités génératrices de commissions, à réduire leurs dépenses, à percer sur de nouveaux marchés, et à augmenter la proportion d’actifs à rendement plus élevé dans le portefeuille de prêts et dans celui des placements », a expliqué Julie Dickson.

Le hic, c’est que les produits et les activités qui misent trop sur de faibles coûts de financement ont tendance à prendre de l’expansion et les emprunteurs sont fortement incités à accroître l’effet de levier, « ce qui est plus inquiétant ».

Voilà pourquoi le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), que dirige Julie Dickson, suit de très près la réaction des banques à la conjoncture actuelle.

En effet, plus les taux d’intérêt bas resteront déprimés, plus le risque qu’ils représentent augmentera. Comme nul ne peut prédire quand les taux commenceront à monter (ou s’ils baisseront encore), la dépendance à l’égard de leur faiblesse « peut devenir significative, de sorte que la transition à des taux plus élevés pourrait être très pénible », a prévenu la Surintendante.

Le marché canadien de l’immobilier reflète bien l’impact de cette dépendance. Les consommateurs ont accès à de « généreuses mesures » les incitant à emprunter via le crédit hypothécaire, souvent au dam de leur capacité réelle de payer.

Cela préoccupe le BSIF qui a décidé d’examiner de façon exhaustive les portefeuilles de crédit hypothécaire des banques. De façon générale, Julie Dickson est encouragée par ce qu’elle constate. « Nous examinons les modèles qu’emploient les banques pour calculer les exigences de fonds propres pour le volet du portefeuille hypothécaire non assuré, et nous croyons généralement que les modèles produisent des résultats raisonnables », a-t-elle souligné.

Avec les nouvelles dispositions mises en place par le fédéral pour restreindre l’assurance hypothécaire, on assiste à « d’heureux changements sur le marché, à une progression plus lente du crédit des ménages et à une situation plus équilibrée dans l’ensemble ».

 Pour ce qui est des banques canadiennes, elles demeurent bien capitalisées. Le système bancaire canadien a affiché cette année encore de solides bénéfices et le volume des créances improductives reste faible, grâce entre autres à des normes prudentielles exigeantes et à une supervision rigoureuse.

Malgré tout, Julie Dickson souhaite que les normes relatives à Bâle III soient mises en œuvre dès cette année, même si leur adoption est prévue d’ici 2019. Pourquoi devrait-on aller de l’avant si rapidement? Entre autres parce que la rigueur de la réglementation et de la surveillance « peut se traduire par de meilleures cotes, lesquelles peuvent donner accès à un financement moins coûteux », a conclu la Surintendante.

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