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Économie

Les cinq principaux risques qui menacent le revenu de retraite

25 juillet 2011 | Peter Drake | Commenter

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Crise du crédit en Europe, ralentissement de la croissance tous azimuts, incertitudes liées au déficit des États-Unis… ce ne sont pas les sources de préoccupation qui manquent aux clients et nous sommes très occupés en ce moment à répondre à leurs nombreuses questions. S’il est possible de maîtriser certains aspects de notre vie, d’autres sont hors de notre contrôle, et la planification financière n’échappe à cette règle. En expliquant aux clients comment différentier les deux, vos entretiens seront moins axés sur les questions et davantage sur les solutions.

Voici la première partie d’une chronique à eux volets sur les cinq risques qui menacent le revenu de retraite; comme le démontre la recherche de Fidelity Investments Canada, il est importe que les conseillers en placements tiennent compte de ces risques dans la planification de retraite de leurs clients. La première étude de Fidelity à ce sujet, intitulée Planification du revenu à vie, a été publiée en 2005. Notre recherche avait révélée que la longévité, l’inflation, la répartition de l’actif, le pourcentage de retraits annuel ajusté en fonction de l’inflation et les dépenses en soins de santé non couvertes par les divers régimes existants posaient un risque réel pour les retraités dont le revenu provient de leurs placements. À notre avis, une planification de retraite judicieuse doit être particulièrement attentive à ces risques. La première édition de ce rapport est encore très populaire auprès des conseillers; je l’affirme en connaissance de cause, car nous en avons fourni plus de 35 000 exemplaires sur demande depuis sa date de parution!

J’entends consacrer cette première partie aux risques sur lesquels les investisseurs n’ont aucun contrôle : la longévité et l’inflation. La seconde partie traitera des risques sur lesquels les investisseurs peuvent agir : la répartition de l’actif, le taux de retraits et les frais de soins de santé non couverts. Il est clair que nous ne pouvons pas entièrement maîtriser ces risques, mais nous disposons de plusieurs moyens d’y préparer nos clients.

Peter Drake

Depuis la publication de notre rapport de recherche, bien des événements se sont succédés dont, et non les moindres, la crise financière mondiale et la récession qui en découle, la reprise (parfois chancelante dans le meilleur des cas) et la volatilité persistante des marchés. Il nous est apparu opportun de revoir chacun de ces cinq principaux risques à la lumière des faits marquants des dernières années et de deux questions précises : s’agit-il toujours d’une menace importante pour le revenu de retraite et, si c’est le cas, qu’avons-nous appris sur ce risque d’après les événements de ces dernières années? Nous avons publié réponses à ces questions dans une édition mise à jour de notre rapport, Après la crise financière mondiale : les cinq principaux risques qui menacent le revenu de retraite, que vous pouvez obtenir sur notre site web.

Ces résultats renforcent ceux de l’Enquête annuelle sur la retraite de Fidelity, effectuée pour la sixième année consécutive par la firme émérite The Strategic Counsel. L’uniformité est une des caractéristiques clefs de cette enquête. Nous supprimons parfois des questions devenues moins pertinentes et nous n’hésitons pas à en ajouter de nouvelles selon l’évolution de la conjoncture économique, financière ou boursière. Cependant, l’enquête pose essentiellement les mêmes questions chaque année; elle nous procure ainsi des données comparatives permettant de suivre l’évolution des comportements et des inquiétudes des investisseurs, et de mieux les comprendre. Voyons à présent ce que révèle notre enquête « revue et corrigée ».

Longévité
Comme on pouvait s’y attendre, la crise financière mondiale n’a pas affecté la longévité, dans la mesure où elle n’a eu aucun impact sur l’espérance de vie, même si certains planificateurs financiers ont l’impression que le stress qu’ils ont ressenti pendant la crise a compromis leur propre espérance de vie!

Dans le cas de deux conjoints âgés de 65 ans, il existe, selon les statistiques, 50 % de probabilités que l’un d’eux atteigne l’âge de 90 ans, et une chance sur quatre que l’un d’eux vive jusqu’à 94 ans. Étant donné que leur espérance de vie ne cesse d’augmenter grâce à de saines habitudes de vie et aux progrès médicaux, les Canadiens devront déterminer à quel âge ils pourront se permettre de prendre leur retraite; mais surtout, ils devront se préparer à la possibilité réelle d’avoir des réserves qui dureront au moins 20 ans ou plus.

Pour les investisseurs qui ont négligé de planifier leurs placements avec rigueur, le changement pourrait être substantiel. Je pense à ceux qui ont réorienté leur portefeuille vers les liquidités ou les effets du marché monétaire au cours de la pire phase du dernier cycle du marché et ont conservé des placements prudents pendant la correction. Ils sont actuellement confrontés à une espérance de vie supérieure après la retraite couplée à un portefeuille amaigri. Des mesures correctives s’imposent dans leur cas; ils doivent soit modifier leur plan de retraite, soit revoir la stratégie de placement de leur portefeuille en fonction de leurs objectifs.

En conclusion, nous considérons que la longévité demeure un risque important; en outre, ce risque est à présent légèrement supérieur à ce qu’il était avant la crise à cause des changements que de nombreux investisseurs inquiets ont apporté à leur portefeuille. Nous n’avons aucun contrôle sur le nombre d’années qu’il nous reste à vivre. En revanche, nous pouvons veiller à ce que les portefeuilles prennent ces statistiques en considération et choisir leurs placements en conséquence.

Inflation
Au cours de la crise mondiale et de la récession subséquente, et même pendant une partie de la reprise, le risque de déflation semblait éclipser le risque d’inflation. Étant donné que ce terme est souvent employé à mauvais escient, je me permets de préciser qu’il n’y a déflation que si la plupart des prix à la consommation baissent de façon constante.

Cette menace était suffisamment tangible pour justifier l’adoption d’incitatifs monétaires musclés, notamment la deuxième phase d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale des États-Unis. Mais tandis que la reprise gagnait du terrain, les experts s’inquiétaient davantage de la possibilité voire, selon certains, de la probabilité que les mesures de stimulation implantées pour enrayer la crise (augmentation des dépenses gouvernementales, réductions d’impôts et, dans quelques cas, taux d’intérêt nuls et incitatifs monétaires importants dont l’assouplissement quantitatif) ne provoquent en fait une flambée inflationniste après la crise. Curieusement, nous avons constaté une inflation nettement supérieure ailleurs dans le monde, mais dans des pays en développement, qui ont généralement été épargnés par la crise financière.

Plus près de nous, la crainte d’une future hausse de l’inflation aux États-Unis persiste, même si selon toutes probabilités la politique astucieuse de la Réserve fédérale neutralisera cette menace. Et encore plus près, la Banque du Canada s’efforce résolument de limiter l’inflation locale à deux pour cent par an. Étant donné les chances de réussite de la Banque centrale, l’inflation future ne sera sans doute pas plus grave que celle des 20 dernières années.

En conclusion, nous estimons que le risque d’inflation à l’échelle internationale est supérieur à ce qu’il était avant la crise. Au Canada, selon le scénario le plus favorable, l’inflation future ne sera pas pire à celle des deux dernières décennies, soit quelque deux pour cent par an en moyenne. Mais, sur une période de 25 ans, une telle inflation grugerait environ 40 pour cent du pouvoir d’achat d’un retraité; le moins que l’on puisse dire est que l’inflation demeure un risque important et souvent sous-estimé pour les investisseurs. Bref, si la croissance du portefeuille est un impératif, les investisseurs doivent se tourner vers des placements aptes à surpasser l’inflation.

Comme je viens de l’expliquer, deux des cinq principaux risques relevés en 2005 sont non seulement toujours d’actualité, mais encore plus sérieux aujourd’hui. Si certains aspects de ces risques sont hors du contrôle des investisseurs, il est primordial de leur rappeler qu’ils peuvent, et doivent, planifier en conséquence. Le mois prochain, nous nous pencherons sur les autres risques qui menacent le revenu de retraite et sur lesquels il est possible d’intervenir : répartition de l’actif,  taux de retraits et dépenses de soins de santé non couvertes.

Un dernier mot. Pour se protéger en cas d’accident, la plupart d’entre nous bouclent la ceinture de sécurité en auto. Les investisseurs doivent appliquer le même principe à la planification de leur revenu de retraite. La crise financière mondiale et la récession économique de 2008–2009 ont indubitablement ébranlé la stabilité financière et émotive des investisseurs canadiens, notamment des Canadiens plus âgés. Mais la nature intrinsèque des risques qui menacent le revenu de retraite n’a pas changé et tous les Canadiens doivent les prendre en compte. En fait, ces circonstances ont exacerbé l’importance pour chacun d’établir un plan de retraite écrit qui évalue ces risques et prévoie des stratégies pour les compenser.

Cliquez ici pour lire la deuxième partie.

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Peter Drake est vice-président, Retraite et recherches économiques, Fidelity Investments Canada. Fort de plus de 35 années d’expérience à titre d’économiste, il dirige les initiatives de recherche de Fidelity axées sur la retraite au Canada à notre époque.

Les opinions exprimées sur une société, un titre, une industrie ou un secteur du marché en particulier représentent un point de vue personnel à un moment donné et ne constituent pas nécessairement celles de Fidelity ou d’autres personnes au sein de l’organisation. Ces opinions sont appelées à changer à tout moment en fonction de l’évolution des marchés et des autres facteurs, et Fidelity décline toute responsabilité en ce qui a trait à la mise à jour de ces points de vue. Ces opinions ne peuvent pas être considérées comme des conseils en placement fiables.

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