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Les commissions de suivi font réfléchir les ACVM

26 octobre 2015 | La rédaction | Commenter

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Les fonds d’investissement qui « présentent un meilleur rendement attirent davantage d’investisseurs » au pays.

Cette conclusion, qui peut sembler a priori peu étonnante, constitue l’une des principales constatations d’une étude rendue publique le 22 octobre par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM).

Parue en anglais, cette recherche indépendante, intitulée A Dissection of Mutual Fund Fees, Flows and Performance, a été commandée « dans le but d’évaluer si les courtages et les commissions de suivi ont une influence sur la vente de titres d’organismes de placement collectif (OPC) », précisent les ACVM dans un communiqué.

Rappelons que, dans le vocabulaire financier, un OPC est un type de fonds d’investissement, comme les fonds de fonds, les fonds à revenu fixe, les fonds indiciels et les fonds équilibrés, qui comptent parmi les plus courants et les plus populaires chez les investisseurs.

RENDEMENT PASSÉ PAS TOUJOURS PAYANT

Au fil des 101 pages de leur recherche, les auteurs en arrivent à diverses conclusions – certaines surprenantes, d’autres moins –, qui s’appuient sur des données fournies par l’industrie (voir encadré Méthodologie de la recherche).

Ainsi, les types de fonds d’investissement qui obtiennent les meilleurs rendements attirent davantage d’investisseurs. Par exemple, les fonds qui se classaient au dernier quartile (25e) quant au risque avaient perdu en moyenne 0,02 % de la valeur de leur actif sous gestion le mois suivant, alors que ceux du premier quartile enregistraient des gains de 0,21 % dans le même intervalle.

De plus, les fonds qui offrent des commissions de suivi obtiennent de meilleures ventes (new flows), peu importe leur rendement passé, notent les auteurs. En général, plus la commission de suivi est élevée, plus les ventes nettes (entrées de nouveaux investissements dans un fonds, moins les sorties) seront élevées. Par exemple, une hausse de la commission de suivi de 1,5 % entraîne une hausse moyenne de 0,3 % de la valeur de l’actif sous gestion, indique la recherche.

Voici trois autres constatations :

  1. une hausse des commissions de suivi s’accompagne d’une diminution du rendement, et vice-versa;
  2. lorsque le rendement passé exerce une influence moindre sur la vente, le rendement futur du fonds diminue également;
  3. les fonds dont les ventes (flows) sont tributaires de leur rendement passé ont tendance à obtenir de meilleurs rendements futurs que la moyenne.

DES ORIENTATIONS L’AN PROCHAIN

Cette étude fait suite à une autre, parue en juin dernier, qui comparait l’effet, sur les rendements des placements, d’une rémunération tarifée avec celle d’une rémunération à la commission. L’industrie a aussi été consultée sur le sujet en 2013.

« Les deux études et les commentaires […] comptent parmi les facteurs sur lesquels les ACVM appuieront leur décision d’effectuer ou non certaines modifications réglementaires », affirme Louis Morisset, président des ACVM et président-directeur général de l’Autorité des marchés financiers.

Les ACVM disent vouloir « communiquer des orientations sur les frais des OPC » d’ici la fin de juin 2016.

Méthodologie de la recherche

Pour réaliser cette recherche, une équipe composée du professeur Douglas Cumming et de deux coauteurs, Sofia Johan et Yelin Zhang, tous de la Schulich School of Business de l’Université York de Toronto, a analysé les données fournies volontairement par 43 sociétés d’organismes de placement collectif (OPC), et qui couvraient des opérations effectuées entre le 1er janvier 2003 et le 31 octobre 2014. À la fin de 2014, ces sociétés OPC géraient environ 67 % des actifs d’OPC au Canada et occupaient 38,1 % du marché canadien.

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