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Les épargnants sont-ils trop imaginatifs ?

18 juin 2014 | Commenter

À quoi sert l’expérience si elle ne nous permet pas de poser de meilleurs gestes dans le futur ?

Je crois que certains investisseurs apprennent de leur expérience et retiennent des leçons de leurs succès et échecs en placement, pour mieux bâtir leur avenir, tandis que d’autres répètent leurs erreurs.

Les conclusions des études de Dalbar

Les études de Dalbar démontrent que les épargnants détenteurs de fonds communs obtiennent, depuis 20 ans, un rendement nettement inférieur aux fonds qu’ils achètent.

Au cours de ma carrière, j’ai rencontré des investisseurs qui répétaient sans cesse les mêmes erreurs. Ils achètent des titres à un prix élevé après plusieurs années de hausse, puis vendent après la baisse et réinvestissent de nouveau quelques années plus tard après la hausse.

Trop créatifs, ces investisseurs?

Je remarque un point commun chez ces personnes : à chaque fois, elles sont
convaincues que les mondes financier et boursier entrent dans une nouvelle ère, et que les faits et les comportements passés n’ont plus rien à nous enseigner.

Rappelez-vous la bulle techno des années 90 durant laquelle même les analystes financiers, supposés être très rationnels dans leur processus de décisions, anticipaient des hausses des titres technos à l’infini. Peu après, l’indice Nasdaq a chuté de 83%. Les investisseurs s’étaient imaginé des valeurs qui n’existaient pas en réalité.

Pourquoi ces prévisions inconsidérées?

Il y a trop d’informations complexes à interpréter dans les marchés.

En se basant sur des titres dont on parle beaucoup dans les médias et de quelques informations qu’il juge valides, l’investisseur a tendance à se bâtir un scénario de prévisions sur l’ensemble des marchés.

Comme l’explique Jason Zweig dans son livre Gagner en bourse grâce à la neuroéconomie (2008), l’investisseur saute directement aux conclusions et la paresse intellectuelle l’emporte. Deux conclusions positives sur trois d’une analyse poussent à considérer la troisième comme étant positive! Sauf qu’en réalité, si la troisième conclusion est négative, toute l’analyse est alors changée.

Ce processus se déroule de façon inconsciente. Même si la volonté est d’analyser de façon rationnelle une décision, le subconscient nous guide plutôt selon notre intuition.

Ces réactions sont automatiques et incontrôlables. Le cerveau refuse le hasard et lui préfère une certitude, quitte à inventer un scénario.

La seule façon de lutter contre ce « défaut de programmation » du cerveau est de s’habituer à comprendre et à utiliser des mesures pour prendre des décisions de placement différentes.

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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