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Les États-Unis devraient éviter la récession en 2008, selon les économistes de Desjardins

2 janvier 2008 | Commenter

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Les économistes du Mouvement des caisses Desjardins croient que la récession américaine devrait être évitée en 2008. Toutefois, la croissance économique du Québec et de l’Ontario continuera à souffrir de la vigueur du dollar canadien. Pour la première moitié de l’année, les assouplissements monétaires seront le mot d’ordre.

Certaines conditions, dont la croissance du PIB réel aux États-Unis prévue à 2 % en 2008 (contre 2,2 % en 2007), avivent les craintes de récession aux États-Unis. Toutefois, nos voisins du Sud devraient éviter la récession, « même si les risques demeurent toujours à près de 40 %, estime le vice-président et économiste en chef de Desjardins, François Dupuis. Ils le devront en bonne partie à la faiblesse de leur dollar qui favorise leur secteur extérieur en stimulant les exportations et en ralentissant le rythme de croissance des importations. En 2009, la tempête sera derrière eux et l’économie reprendra du tonus avec une croissance de 2,6 %, soit tout près de son potentiel. »

Au second semestre de 2007, la crise sur le marché du crédit hypothécaire à risque a causé des inquiétudes sur les marchés financiers mondiaux. Les investisseurs ont alors perdu confiance dans le papier commercial adossé à des actifs (PCAA), il y a eu une réappréciation des risques et les liquidités se sont mises à manquer. Le fait que les institutions financières à l’échelle mondiale et surtout aux États-Unis aient ensuite resserré les conditions de crédit a affecté l’économie réelle à la manière d’une hausse des taux d’intérêt. Ainsi, afin de ramener les conditions de crédit à un niveau plus accommodant, d’éviter une récession aux États-Unis qui aurait des répercussions négatives sur l’économie de plusieurs autres pays, dont le Canada, les banque centrales ont relâché leurs taux directeurs.

En 2008, les économistes de Desjardins prédisent que la Réserve fédérale américaine réduira les taux de 25 points de base du taux cible lors de ses trois prochaines réunions. En mai prochain, ce taux devrait atteindre 3,5 %, pour se stabiliser ensuite jusqu’à la fin de 2008. La Banque du Canada devrait se limiter à deux baisses pour établir les taux directeurs à 3,75 % en mars prochain.

Quant à la force du huard, ce sont le Québec et l’Ontario qui en souffrent le plus, puisque le secteur manufacturier canadien se concentre dans ces deux provinces. La demande intérieure reste cependant suffisamment forte pour compenser partiellement les difficultés du secteur extérieur. Le PIB réel du Québec croîtra de 1,7 % en 2008 et de 2,3 % en 2009 (contre 1,9 % en 2007). Pour l’Ontario, on s’attend à 1,8 % et 2,5 % respectivement (contre 2,1 % en 2007). Dans l’Ouest, les provinces s’enrichiront encore du pétrole et des investissements liés aux Jeux olympiques.

En dépit des difficultés du commerce extérieur, le ralentissement de l’économie québécoise devrait être faible en 2008. « Les investissements en infrastructure publique, les baisses d’impôts annoncées au fédéral et au provincial ainsi que la baisse de la taxe sur les produits et services (TPS) sont des atouts qui permettront d’atténuer le ralentissement économique », précise Yves St-Maurice, directeur et économiste en chef adjoint au Mouvement Desjardins.

À l’échelle du pays, la croissance du PIB est prévue à 2,4 % pour 2008, comparativement à 2,6 % en 2007. Il devrait y avoir retour à un plein potentiel de production en 2009, avec une croissance de 3 %, évalue M. St-Maurice.

Malgré tout, la demande intérieure canadienne est plutôt bonne. Les consommateurs restent confiants, les profits des entreprises sont solides, des baisses d’impôts et de taxes entrent en vigueur en début d’année. Le marché du travail demeure vigoureux, assurant une croissance des revenus. Les effets positifs d’une devise forte devraient se traduire par un recul du prix de plusieurs biens. « Sujet à une certaine volatilité en fonction du prix du pétrole, des matières premières et de l’écart des taux d’intérêt avec les États-Unis, le huard devrait s’affaiblir au début de 2008 pour remonter vers la parité pour le reste de notre période de prévisions », souligne M. Dupuis. Le prix du pétrole pourrait reculer jusqu’à 70 $ US le baril en première moitié de 2008, mais reprendre son ascension par la suite, quand les craintes de récession aux États-Unis disparaîtront.

Comme au cours des derniers mois de 2007, les Bourses devraient encore subir des soubresauts en 2008 et leur croissance pourrait être freinée par les conséquences de la crise du subprime et par le ralentissement économique. Malgré tout, les principaux indices nord-américains devraient monter autour de 5 % à 10 % dans les deux prochaines années.

Selon les économistes de Desjardins, c’est surtout la croissance des pays émergents comme la Chine ou l’Inde qui permettront à l’économie mondiale de croître. Contrairement aux pays industrialisés qui doivent se soumettre à une période de réévaluation des risques, les autorités chinoises tentent délibérément de restreindre le crédit pour éviter une surchauffe. Malgré ces efforts, la Chine devrait voir son PIB réel progresser de plus de 10 % dans les deux prochaines années.

« Malgré toute la faiblesse des économies industrialisées, les pays en développement viendront en aide à la croissance mondiale en la soutenant à 4,7 % en 2008, en léger recul seulement par rapport à 2007 », conclut M. St-Maurice.

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