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Les faillites personnelles en hausse au Québec

4 mars 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Le nombre de faillites de particuliers a augmenté l’an dernier au Québec, constate une étude du Mouvement Desjardins publiée vendredi. Et ce, même si les récents indicateurs relatifs à l’endettement des ménages ne montrent pas de détérioration de leur situation financière.

Ce sont les difficultés du marché du travail en 2013 qui seraient à l’origine de l’augmentation des cas d’insolvabilité dans la province, selon Desjardins. En effet, compte tenu de leur endettement rapide depuis le début des années 2000 et de leur faible taux d’épargne, les Québécois sont devenus plus vulnérables aux imprévus, comme une perte d’emploi.

Le travail, facteur déterminant
La santé financière des ménages dépend de plusieurs éléments, rappelle l’auteure de l’étude : le poids de l’endettement, la valeur de leurs actifs, la capacité d’épargne en cas d’imprévus, les variations de taux d’intérêt ainsi que l’état du marché du travail.

Or, la récession de 2008-2009 a provoqué des pertes d’emplois et une remontée rapide du taux de chômage, passé de 7 % à près de 9 %, ce qui a fait bondir le nombre de faillites personnelles de plus de 30 % en l’espace de deux ans. Par la suite, la reprise économique et le redressement rapide de l’emploi ont entraîné un recul des faillites entre 2010 et 2012.

Depuis, la situation s’est de nouveau dégradée. Avant la récession de 2008-2009, la durée moyenne du chômage était inférieure à 20 semaines au Québec. Mais malgré la reprise économique, la période de chômage a continué de s’allonger pour plusieurs travailleurs, culminant à plus de 25 semaines à la fin de 2013.

Ménages plus vulnérables
Ces cinq semaines supplémentaires sans revenu d’emploi ont empêché certains ménages de tenir le coup, même avec l’aide gouvernementale, note Desjardins. De plus, la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement fédéral, qui a restreint la période couverte et le montant des prestations, a pu avoir un impact.

Il n’y a pas que les faillites qui témoignent de la difficulté de certains ménages à rembourser leurs dettes, souligne par ailleurs l’étude. Les particuliers peuvent également faire une proposition à leur créancier (par exemple en consolidant leurs dettes pour les rembourser sur une plus longue période). Et ces ménages sont eux aussi considérés comme insolvables.

En 2013, on a recensé au Québec 14 726 propositions aux créanciers, auxquelles se sont ajoutées 25 221 faillites personnelles (+3,4 %). Autrement dit, il y a eu l’an dernier 39 947 (+11,2 %) cas d’insolvabilité dans la province.

Principales responsables : les cartes de crédit
L’étude de Desjardins observe que, généralement, les dettes hypothécaires ne sont pas en cause dans les difficultés des ménages. Ce sont plutôt les dettes à la consommation et celles des cartes de crédit qui entraînent des difficultés à effectuer les paiements mensuels et qui font basculer l’emprunteur en situation d’insolvabilité.

Ainsi, les emprunts contractés à l’aide d’une carte de crédit seraient le passif le plus souvent responsable des faillites et des propositions de redressement aux créanciers, selon le Bureau du surintendant des faillites Canada.

À lire : Survivre à l’insolvabilité

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