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Hausse économique

Les FCP laissent leur marque sur le PIB québécois

3 juin 2015 | Hélène Roulot-Ganzmann | Commenter

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Les fonds communs jouent un rôle toujours plus important dans l’activité économique du Québec.

C’est ce que révèle une étude de l’Institut du Québec publiée ce matin et intitulée Le secteur québécois des fonds communs de placement, analyse de l’empreinte économique.

Au cours de la dernière décennie, l’actif sous gestion dans le secteur des FCP du Québec est passé de 81,4 G$ à 180 G$, soit une augmentation de 9,3 % par an. En 2013, cette industrie a contribué à l’économie québécoise à hauteur de 1,8 G$, et emploie directement ou indirectement, 18 211 travailleurs.

Cette forte croissance s’explique en partie par les changements démographiques, expliquent les chercheurs Alicia Macdonald et Sonny Scarfone.

«Une population vieillissante comme celle du Québec se doit d’avoir une épargne suffisante pour financer une retraite qui répond à ses attentes, peut-on lire. Ces pressions démographiques sont également à l’origine de la baisse de popularité des régimes de retraite à prestations déterminées par rapport aux régimes à cotisations déterminées.»

Résultat, le fardeau de la planification financière est transféré aux particuliers, qui se tournent vers des produits offerts par les courtiers.

Les nombre d’emplois explose

Pour faire face à cette augmentation de l’activité, le nombre d’emplois directs dans le secteur a explosé ces dernières années, passant, entre 2009 et 2013, de 5 747 postes à 9 129, soit une hausse de 59 %.

Mais les chercheurs ne se cantonnent pas à fournir ces chiffres bruts. Tout l’intérêt de cette étude réside dans le calcul des effets indirects et induits de l’industrie sur l’économie québécoise.

Ainsi, on apprend que chaque emploi direct dans le secteur en a généré un autre au sein de l’économie québécoise, pour un total de 18 211 postes. On retrouve ces 9 082 emplois additionnels essentiellement dans le secteur de la finance, de l’assurance, de l’immobilier et de la location, et dans celui des services juridiques et comptables.

Et comme les professionnels de la finance sont généralement mieux rémunérés que la moyenne des Québécois, ils contribuent à faire croître le salaire hebdomadaire moyen de 0,13 %. Au total, l’activité dans ce secteur fait augmenter le revenu des ménages de 1,4 G$, les bénéfices des entreprises de 235 M$ et les recettes fiscales du gouvernement provincial de 435 M$.

Valeur de 1,8 G$

Ainsi, c’est toute l’économie du Québec qui profite de la bonne santé de l’industrie des fonds communs de placement. Le Conference Board du Canada estime que la contribution directe de ce secteur à l’économie de la province est passée de 518,7 M$ en 2005 à 860,9 M$ en 2013, soit une croissance moyenne annuelle de 6,5 %. Dans le même temps, le PIB affichait quant à lui une croissance de 1,4 % par an.

Mais au-delà de cette contribution directe, les chercheurs de l’Institut du Québec ont calculé les retombées indirectes, à savoir l’activité supplémentaire engendrée par la chaîne d’approvisionnement, ainsi que les retombées induites, celles générées lorsque les employés du secteur dépensent leurs gains et les propriétaires d’entreprises, leurs bénéfices.

En tenant compte de celles-ci, l’étude établit l’empreinte économique totale du secteur des FCP au Québec à 1,8 G$ en 2013, tout près de 0,5 % du PIB de la province. Soit un coefficient multiplicateur de 2,1 entre l’empreinte directe et l’empreinte totale.

Un coefficient plus faible que celui estimé en Ontario, celui-ci s’élevant pour 2013 à 2,8. Une situation qui s’explique par le fait que la majorité des sièges sociaux des entreprises exerçant au Canada dans ce secteur de l’économie se trouvent dans la région de Toronto.

Mais quoi qu’il en soit, conclut le rapport, dans le contexte de vieillissement rapide de la population québécoise, le secteur des fonds communs est appelé à poursuivre sa croissance au cours des prochaines années.

Faits saillants

• En 2013, l’actif sous gestion dans le secteur des fonds communs de placement du Québec s’élève à 180 G$.

• 18 211 personnes travaillent directement ou indirectement pour ce secteur.

• Cette industrie contribue à l’économie québécoise à hauteur de 1,8 G$, soit 0,5 % du PIB de la province.

• Le gouvernement provincial en retire 435 M$ en recettes fiscales.


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