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Économie

Les FNB à revenu fixe : un outil précieux

9 avril 2012 | Mary Anne Wiley | Commenter

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Par le passé, les produits de placement à revenu fixe se prêtaient mal à l’investissement institutionnel en raison de l’envergure des établissements. En revanche, les FNB à revenu fixe présentent aujourd’hui un fort potentiel pour les investisseurs institutionnels qui les utilisent de manière de plus en plus pointue.

À l’heure actuelle, le marché des FNB à revenu fixe est composé de secteurs diversifiés en plein essor, ce qui permet aux investisseurs d’accroître le rendement de leur portefeuille tout en atténuant les risques et en optimisant l’efficience. En outre, les liquidités que peuvent générer les FNB à revenu fixe ainsi que la transparence bilatérale des prix sont des atouts pour les investisseurs à la recherche d’une exposition rapide et tactique. Les conseillers peuvent également appliquer les techniques adoptées par les investisseurs institutionnels pour composer les portefeuilles de leurs clients de manière à mieux les protéger contre la volatilité.

Liquidité
Les FNB à revenu fixe sont des outils de placement fiables pour les investisseurs institutionnels et pour les particuliers. Par exemple, le resserrement du crédit découlant de la récente crise économique n’a pas ralenti la négociation des FNB à revenu fixe, et ces derniers se sont avérés un indicateur de détermination des cours reflétant le risque du marché et les perceptions des investisseurs. Malgré une chute marquée des prix et la paralysie du marché obligataire, la négociation des FNB à revenu fixe s’est poursuivie sans interruption.

Les sources de liquidités des FNB à revenu fixe sont multiples : échange conditionnel, marché obligataire sous-jacent et liquidités négociables observables (volume moyen des opérations quotidiennes). L’avantage de participer au marché des titres à revenu fixe négociés hors cote par l’entremise d’un FNB est de pouvoir tirer des liquidités des deux tranches supérieures de la pyramide de liquidités illustrée ci-dessous. Lorsqu’un FNB à revenu fixe atteint une masse critique de liquidités négociables (ce qui ne correspond pas nécessairement aux actifs gérés), il est possible de réaliser des opérations assez substantielles sans accéder au marché obligataire sous-jacent (c’est donc dire que la tranche des liquidités négociables absorbe les flux sans nécessairement déclencher la création ou le rachat de parts de FNB sur le marché obligataire sous-jacent).

Lorsque le volume de négociation d’un FNB à revenu fixe augmente, il est possible de compenser des opérations plus importantes qui excèdent le volume moyen des opérations quotidiennes, et ce, sans incidence notable. Il s’agit d’un avantage de la tranche conditionnelle des liquidités négociables.

Les investisseurs individuels peuvent générer des liquidités négociables supplémentaires en adoptant des stratégies comme des ordres à cours limité exécutables, qui limitent les ordres supérieurs ou inférieurs aux cours actuels du marché. Les ordres à cours limité (limit orders) sont conçus de manière à tirer profit de la souplesse de l’offre et de la demande des FNB à des prix divers. Dans de tels cas, des flux de négociation tactiques peuvent être réalisés à des niveaux sans lien avec le cours actuel du marché. S’ils maximisent les deux premières tranches de liquidités, les investisseurs peuvent acheter et vendre au comptant, au cours d’une même séance, dans des marchés qui se négocient habituellement en points.

Des FNB à revenu fixe sont également un outil précieux pour les conseillers dans des situations de portefeuilles en transition. Par exemple, pour participer par intérim au marché, les investisseurs individuels peuvent investir de nouvelles sommes ou des montants forfaitaires dans un FNB pendant le processus de sélection d’actions de leur nouveau portefeuille.

Répartitions tactiques
Les FNB indiciels à revenu fixe représentent pour les investisseurs institutionnels (surtout ceux dont la valeur relative est à effet de levier comme les fonds spéculatifs) et les investisseurs à long terme (comme les fonds communs de placement et les caisses de retraite) une façon d’obtenir rapidement des répartitions d’actif efficientes composées de secteurs à revenu fixe précis. Selon les perspectives du marché, ces investisseurs peuvent, grâce aux FNB, augmenter ou diminuer rapidement le bêta pour cibler efficacement des secteurs, alors que cela serait plus difficile en négociant directement sur les marchés des dérivés ou des obligations hors cote sous-jacents. En raison de la diversification immédiate associée aux FNB à revenu fixe, cette stratégie convient à tous les investisseurs, même les particuliers les moins expérimentés.

En tant que conseiller, vous pouvez aider vos clients à participer à certains segments du marché en faisant l’acquisition directe d’obligations sur le marché au comptant. Si cette stratégie peut convenir à des situations de grande liquidité, par exemple pour les obligations du gouvernement du Canada, elle risque d’être moins facile à appliquer dans des marchés à haut rendement ou émergents en raison des coûts et du temps requis pour procéder à la répartition d’une vaste gamme d’obligations au comptant non liquides. En revanche, les FNB sont une avenue d’accès rapide et dynamique au marché large, un atout incontournable des FNB à revenu fixe.

En tenant compte de tous ces facteurs, les investisseurs peuvent surpondérer les secteurs qui, selon eux, devraient tirer leur épingle du jeu selon les risques du marché, tout en sous-pondérant les secteurs qui pourraient chuter en raison d’un délaissement des investisseurs, de l’inflation ou d’un ralentissement économique. Contrairement au marché obligataire traditionnel, qui n’est souvent ni liquide ni transparent en matière de prix, les FNB à revenu fixe laissent les investisseurs ajuster sans difficulté leur exposition à des secteurs précis en connaissant en tout temps les cours associés.

Comme c’est le cas pour les actions, les placements à revenu fixe varient en fonction des marchés et des événements d’ordre économique. À l’instar de leurs contreparties institutionnelles, les investisseurs individuels sont souvent confrontés à la difficulté d’atteindre les cibles en matière de position relative lorsque la volatilité règne sur les marchés, une situation qui peut faire fluctuer la pondération d’un portefeuille. Par exemple, une reprise soudaine des marchés des actions accompagnée d’une liquidation d’obligations peut se traduire par une surpondération d’actions.

Les FNB à revenu fixe, utilisés conjointement avec des FNB axés sur d’autres catégories d’actifs, créent une réserve de liquidités pour les principales stratégies d’investissement. En comptant sur une telle réserve, les investisseurs peuvent régler efficacement et sans tarder les positions asymétriques générées par le marché en augmentant ou en diminuant les parts de FNB détenues.

Quantifier la valeur des FNB à revenu fixe
Les investisseurs institutionnels utilisent une méthode systématique d’évaluation et de quantification du coût lié à une stratégie d’investissement donnée, y compris l’investissement dans des titres ou des FNB à revenu fixe. Cette méthode est fondée sur trois mesures : le coût de mise en œuvre, le suivi du délai de mise en œuvre et l’erreur de réplication de la construction du portefeuille. Ces mesures sont également utilisées pour comparer l’investissement dans des FNB à revenu fixe par rapport à l’investissement direct dans des obligations, ou pour comparer les FNB entre eux.

Coût de mise en œuvre
Selon l’envergure de la transaction et la période de détention, la structure d’un FNB peut se traduire pour l’investisseur par un coût tout compris inférieur à celui associé aux obligations individuelles. Du point de vue des coûts, la décision d’un investisseur institutionnel de mettre en œuvre une stratégie bêta axée sur des FNB ou sur des obligations au comptant sera fonction de quatre variables :

  • Écarts de cotation des obligations sous-jacentes;
  • Écarts de cotation des FNB et impact sur le marché;
  • Frais de gestion et de négociation (commissions) des FNB;
  • Période de détention visée.

À titre d’exemple, lorsque l’on compare les frais de gestion et l’écart de cotation d’un FNB par rapport à l’écart de cotation d’une obligation comptant de grande qualité, les frais de négociation plus faibles du FNB compensent souvent l’incidence des frais de gestion, ce qui donne lieu à un coût tout compris moins élevé. Cet effet est plus marqué pour des périodes de détention plus courtes, mais on l’observe également pour des périodes allant jusqu’à cinq ans. Malgré les frais de gestion, les FNB sont un moyen abordable d’accéder à une diversité de secteurs à revenu fixe. De plus, les FNB à revenu fixe s’avèrent souvent plus attrayants que le marché obligataire sous-jacent en raison de la vigueur des liquidités négociables et des coûts totaux de mise en œuvre de chacune des stratégies.

Suivi du délai de mise en œuvre
Il faut du temps pour mettre en œuvre une stratégie d’allocation d’obligations au comptant au sein d’un portefeuille. Une fois le processus arrivé à terme, un investisseur peut se rendre compte qu’il est sous-investi par rapport à son exposition cible. Il faut parfois compter sur une période de quatre semaines pour concevoir un portefeuille d’obligations au comptant, les achats d’obligations étant exécutés au cours de la période. Cette sous-exposition représente un risque pour l’investisseur. En revanche, une exposition semblable mise en œuvre à l’aide de FNB peut être réalisée en une seule journée, souvent par l’intermédiaire d’une seule transaction. Ainsi, l’investisseur élimine le risque associé au délai de mise en œuvre.

Erreur de réplication de la construction de portefeuille
Pour atténuer les risques associés au délai de mise en œuvre, les investisseurs peuvent aussi assembler un portefeuille composé d’un plus petit nombre d’obligations et atteindre un plein investissement plus rapidement. Cependant, cette stratégie entraîne un risque accru d’erreur de réplication par rapport à la référence cible. Un portefeuille plus restreint et moins diversifié comporte également un degré de risque intrinsèque accru. Même si nombreux sont ceux qui estiment qu’un portefeuille regroupant aussi peu que 30 titres est en mesure de réduire de beaucoup le risque intrinsèque (ce qui ne laisse que le risque systématique ou le risque de marché), certains secteurs à revenu fixe (p. ex., les titres à haut rendement) requièrent beaucoup plus de titres pour atteindre ce résultat. Puisque les FNB détiennent des portefeuilles pleinement diversifiés, les investisseurs peuvent concrétiser leurs stratégies tactiques sans s’inquiéter d’avoir à sacrifier la diversification ou la vitesse de mise en œuvre.

Plusieurs FNB à revenu fixe ont atteint un niveau sain de liquidités négociables, indépendant du marché obligataire sous-jacent. Les actifs et la popularité des FNB à revenu fixe progressent à vive allure. En misant sur la structure des FNB, les investisseurs ont rapidement accès à des titres à revenu fixe à des fins de gestion de transition, d’utilisation de fonds, d’allocations tactiques ou autres.

La meilleure compréhension de cet outil de placement au sein de la communauté des investisseurs stimule la croissance du marché des FNB à revenu fixe. En s’inspirant des stratégies adoptées par les investisseurs institutionnels, les conseillers peuvent communiquer à leurs clients les avantages associés à l’investissement dans des FNB à revenu fixe et leur expliquer leurs nombreux atouts.

Mary Anne Wiley est directrice générale et  responsable de la distribution des fonds iShares à BlackRock Asset Management Canada Limited.

Cet article est tiré de l’édition d’avril du magazine Conseiller. Consultez-le en format PDF.

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