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Les investisseurs privilégient trop souvent le court terme

2 décembre 2014 | La rédaction | Commenter

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Attirés par l’appât du gain, les investisseurs privilégient trop souvent le rendement à court terme, ce qui contribue à la volatilité de l’économie mondiale, croit le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Cité par La Presse canadienne, Michael Sabia juge que ce phénomène pourrait mener à la création d’un « cercle vicieux » où les entreprises seraient traitées comme des « marchandises » pour satisfaire l’ambition des marchés.

Danger pour la croissance à long terme

« Les marchés sont dominés par ceux qui sont à la recherche de rendements trimestre par trimestre. Des investisseurs dont la préoccupation consiste en des gains rapides », a-t-il déclaré la semaine dernière devant le Club canadien de Toronto.

Celui qui est à la tête de la CDPQ depuis 2009 a déploré cette situation, estimant que ce comportement à l’endroit des sociétés et des secteurs mine la croissance économique à long terme. Selon lui, les entreprises devraient plutôt jouer un rôle important dans la croissance économique, en stimulant l’investissement ainsi que la productivité.

« À la Caisse, nous n’empruntons pas cette voie », a-t-il tenu à préciser. Tout en vantant la stratégie de l’institution sur les rendements à long terme, il a affirmé qu’elle se comportait en « propriétaire d’entreprise ».

Rappelons qu’au 30 juin dernier, l’actif net de la CDPQ, qui gère des fonds provenant principalement de régimes de retraite et d’assurances publics et privés, atteignait 214,7 milliards de dollars.

Une nouvelle façon de gérer le risque

«Les propriétaires d’entreprises ont une compréhension profonde des paramètres de la compagnie dans laquelle ils investissent. Ils connaissent sa culture, ses forces ainsi que ses faiblesses. Ils comprennent aussi le secteur », a-t-il observé.

Michael Sabia a par ailleurs souligné que depuis 2012, cette stratégie avait amené la CDPQ à réorienter 50 milliards dans des portefeuilles qui comprennent des entreprises mondiales de « grande qualité », comme le Canadien National, la Financière Manuvie et Alimentation Couche-Tard.

« Pour nous, la connaissance approfondie [de secteurs et de sociétés] est la nouvelle façon de faire de la gestion de risque », a-t-il assuré.

Les infrastructures, secteur d’avenir

Le patron de la CDPQ a également rappelé son intérêt pour le secteur des infrastructures, qui représentent « par définition des investissements à long terme ».

Citant des estimations « conservatrices », il a estimé que des investissements oscillant entre 4 000 et 5 000 milliards étaient chaque année nécessaires, à l’échelle mondiale, pour répondre aux besoins des grandes villes, notamment en matière de transport en commun, d’eau potable, d’électricité, et d’équipements portuaires et aéroportuaires.

Il a rappelé qu’au cours des dernières années, la Caisse avait notamment acquis une participation dans le port de Brisbane, en Australie, et qu’elle en détenait aussi une dans l’aéroport d’Heathrow, à Londres.

L’économie mondiale toujours « fragile »

Enfin, rapporte La Presse canadienne, Michael Sabia a livré ses impressions sur l’économie mondiale qui, à son avis, demeure « fragile », sans toutefois être « en crise » ».

S’il juge que les États-Unis ont définitivement tourné la page sur la récession de 2008, il a rappelé que l’Europe et le Japon restaient fragiles et que la Chine, auparavant considérée comme « Superman » par plusieurs analystes, « était revenue sur Terre ».

« C’est encore un pays en croissance, mais avec une stratégie axée sur la consommation intérieure et la mise sur pied d’une économie tournée vers les services. Elle n’aura plus l’impact qu’elle a déjà eu sur la croissance mondiale », a-t-il conclu.

 

 

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