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Les leviers financiers atteignent des niveaux inégalés

20 mars 2007 | Commenter

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(20-03-2007)Les investissements sur marge au pays se chiffrent actuellement à 12,2 milliards de dollars, soit près du double des montants enregistrés durant les creux de 2002 et de 2003, rapporte Advisor.ca. Cette somme surpasse déjà le sommet de 11,6 milliards de dollars atteint en 2000, au plus fort de fièvre des titres technos.

 Pour Jack Rando, de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières, cet appétit pour les leviers financiers indique que les investisseurs font confiance aux marchés boursiers. Trop, peut-être?

C’est ce que croit Robert Abboud, président de la firme Wealth Strategies, en Ontario. Il dit que les leviers financiers ne conviennent qu’à une petite partie du public investisseur. « En général, les clients qui empruntent pour investir réagissent mal quand leurs placements perdent de la valeur. » Il donne l’exemple d’un épargnant qui emprunte 100 000 $ et, quelques mois plus tard, voit son investissement descendre à 80 000 $. « Bien souvent, il liquidera ses titres perdants afin de rembourser son prêt, mais il demeurera quand même endetté de 20 000 $ », note-t-il.

Robert Abboud dénonce les conseillers qui « poussent » les leviers financiers. « Je comprends leur motivation. Un prêt pour investissement augmente l’actif de leurs clients. Leur rémunération s’en trouve bonifiée. » Certes, les leviers financiers peuvent convenir aux investisseurs sophistiqués qui peuvent faire preuve de patience. Mais encore faut-il que le conseiller sache bien jauger ses clients. Pour ce faire, une discussion approfondie est de mise.

Le conseiller doit en premier lieu évaluer l’expérience de ses client, notamment leur capacité à faire face à la musique quand les marchés se retournent contre eux. Il doit aussi les informer de la nature spéculative de l’opération. Bien sûr, la plupart des investisseurs savent que les leviers financiers comportent des risques. Mais après quatre années consécutives de solides rendements boursiers, ils peuvent croire que les beaux jours sont éternels. Le conseiller doit leur rappeler des séances désastreuses comme celles du 27 février dernier risquent de se répéter à mesure que le cycle haussier tire à sa fin et qu’une telle chute des cours peut endommager un portefeuille pendant plusieurs semaines.

Même lorsqu’un épargnant présente de bonnes aptitudes et qu’il se dit prêt à aller de l’avant, le conseiller doit immédiatement mettre en place une stratégie de sortie. Jack Rando suggère de ne pas utiliser toute la marge disponible, de manière à ménager un espace de manoeuvre en cas de baisse soudaine des marchés. De cette façon, on peut éviter les appels de marge. « Personne n’aime les appels de marge. Ni les investisseurs qui les reçoivent, ni les conseillers qui doivent annoncer la mauvaise nouvelle », dit-il.

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