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Les limites de l’investissement autodidacte

17 septembre 2010 | Commenter

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web_toile_internet_ordinateur_425Grâce (ou à cause) de l’Internet, l’investissement autodidacte connaît une popularité sans cesse croissante. Il est donc fort possible que certains de vos clients décident, un beau jour, d’effectuer eux-mêmes leurs placements par le truchement d’un courtier en ligne.

Le chroniqueur Jonathan Chevreau, du quotidien Financial Post, estime que cela est une bonne nouvelle, car l’investissement autodidacte suppose que la personne montre un réel intérêt pour les questions financières. « Cependant, même ceux qui réussissent ne peuvent se passer de conseils professionnels », dit Jonathan Chevreau.

En effet, acheter 100 actions d’une grande banque canadienne ou des parts d’un fonds négocié en Bourse qui piste l’indice S&P/TSX est à la portée de tous les débutants. Mais c’est tout autre chose que d’évaluer ses besoins en assurance ou de planifier sa succession. Ici, le travail d’un professionnel rompu à cette tâche est essentiel.

Et puis, même pour le choix des titres boursiers ou des fonds communs, Jonathan Chevreau s’interroge sur les sources d’information qu’on trouve sur le Web. Les forums de discussion et les réseaux sociaux qui traitent d’investissement autodidacte permettent à n’importe qui (ou presque) de s’exprimer, souvent de manière intempestive, note le chroniqueur. Voici quatre exemples de supposés conseils qu’il a dénichés récemment.

– « Seuls les idiots achètent des titres à revenu fixe ».

– « Les fonds de dividendes conviennent à tous les portefeuilles ».

– « Évitez les marchés étrangers à cause du risque de change ».

– « Utilisez mon système, car je fais 30 % par année depuis sept ans. »

La futilité de telles pseudo-recommandations tombe sous le sens, mais nombre d’investisseurs autodidactes n’hésitent pas à les adopter. Les conséquences peuvent être dramatiques. Le pire, c’est que ceux qui émettent ces conseils de pacotille sur les forums de discussion se réfugient derrière des pseudonymes évocateurs comme BoursExpert ou Profitmax. « Vous pouvez vilipender les chroniqueurs financiers qui, comme moi, donnent leur avis dans les journaux. Au moins, nous mettons notre vrai nom sur ce que nous publions », lance Jonathan Chevreau.

L’une des raisons pour lesquelles les investisseurs tentent leur chance par eux-mêmes à la Bourse est la cherté des frais des fonds communs, dit-il. Citant le conseiller indépendant Mike MacDonald, il souligne qu’un portefeuille de fonds valant 1 million de dollars et comportant des frais de gestion de 2,5 % se traduira, pour l’investisseur, par un manque à gagner de 25 000 $. « Une telle somme lui permettrait d’obtenir beaucoup de conseils de la part d’un professionnel qui facture des honoraires », dit-il.

Mike MacDonald n’est pas tendre à l’endroit des distributeurs de fonds qui perçoivent des commissions de suivi sans fournir aucun service aux clients. « Ils ne prodiguent aucun plan financier et ne procèdent à aucune mise à jour du portefeuille. Lorsque la saison des REER arrive, ils invitent les clients à verser leur cotisation, c’est tout. »

Jonathan Chevreau affirme ne pas être contre l’investissement autodidacte. Cependant, seules les personnes bien au fait des risques inhérents à cette activité devraient s’y adonner. En outre, elles doivent encadrées par un conseiller qui prend soin de tous les autres aspects de leur plan financier, conclut le chroniqueur.

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