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Les marchés asiatiques commencent à prendre de la maturité

14 juillet 2006 | Commenter

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(17-07-2006)Les investisseurs à la recherche d’un profit rapide sur les marchés asiatiques pourraient atteindre leur objectif sans trop peiner, mentionne le journaliste Steven Lamb dans Advisor.ca. Cependant, les gestionnaires qui suivent les économies émergentes de ce continent insistent pour dire que les occasions d’investissement seront rentables à long terme.

L’un d’eux, K.C. Lee, de Fidelity Investments, indique que les diverses économies de ce vaste continent ne constituent pas un bloc homogène et qu’elles évoluent chacune à leur propre rythme. Pour utiliser le jargon, on peut dire que ces marchés sont faiblement corrélés entre eux.

Depuis des années, fait-il remarquer, les marchés asiatiques subissent l’influence de la demande étrangère. Or, celle-ci est très volatile. Après les deux grands pics de 1993 et de 1996 se sont succédées des périodes tranquilles. Les deux dernières années ont été marquées par une forte recrudescence de l’intérêt des investisseurs étrangers pour les titres asiatiques de participation.

Bien que l’afflux d’argent étranger favorise la croissance, il reste que de nombreuses entreprises asiatiques tardent à mettre ce capital au travail avec efficacité. Pour que les économies asiatiques progressent de manière soutenue, il faudra que les Asiatiques eux-mêmes investissent davantage, car leur taux de détention de valeurs mobilières est plutôt faible.

Par exemple, les Sud-Coréens n’investissent que 5 % de leur épargne dans des actions, alors qu’au Japon, ce taux s’élève à 11 %. Une plus grande participation à la Bourse coréenne contribuera à enrichir les individus tout en stabilisant les marchés.

Les Chinois sont également assez tièdes vis-à-vis des investissements en actions. Pourtant, leur taux d’épargne se situe à près de 50 %, ce qui est élevé. Mais ils ont tendance à placer leur argent dans des instruments peu performants. Ainsi, les dépôts bancaires des particuliers chinois se chiffrent à 2 000 milliards de dollars américains. Or, ces placements ne rapportent qu’entre 0,75 % et 2,07 % par année. Il faut dire que, depuis plusieurs années, les banques centrales asiatiques préconisent une politique de très bas taux d’intérêt afin de stimuler les investissements. Les résultats tardent à venir, bien que M. Lee fasse preuve d’optimisme pour les prochaines années.

Si les Asiatiques investissent peu, en revanche ils consomment. Cela a pour effet de créer des surplus commerciaux substantiels, comme celui de la Chine , qui a atteint plus de 100 milliards de dollars en 2005 et qui s’apprête à répéter cet exploit en 2006. Évidemment, les partenaires commerciaux de la Chine s’inquiètent de voir le pays se constituer de telles réserves de capital. Ils souhaiteraient que les autorités laissent flotter davantage le renminbi, car, actuellement, il est artificiellement sous-évalué.

Parlant de monnaie, les gestionnaires surveillent avec attention le dollar américain depuis que le Japon a mis fin à sa politique de taux d’intérêt à 0 %. C’est que de nombreux investisseurs institutionnels ont emprunté des sommes importantes au Japon pour faire le plein d’obligations du gouvernement américain. Maintenant que les taux ont commencé à monter au pays du Soleil levant, ils pourraient se départir rapidement de leurs titres afin de rembourser leurs prêts, ce qui provoquerait un recul important du billet vert.

M. Lee croit qu’on surestime la valeur de ces emprunts. Il pense que la banque centrale nippone peut encore relever son taux directeur sans que cela soit catastrophique pour le dollar américain.

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