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Économie

Les marchés émergents : pour ou contre?

3 novembre 2011 | Commenter

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Afficher un optimiste prudent est l’approche préférée de la plupart des experts. La réaction des marchés à la suite du récent sommet de l’Union européenne a été positive, et l’euphorie s’est propagée partout dans le monde, même jusqu’aux marchés émergents.

Une étude récente sur les marchés émergents, menée par Barclays Capital, indique toutefois que si « les risques diminuent [dans les marchés émergents], ils n’ont pas totalement disparu ».

« Nous maintenons notre position et restons prudents. La situation en Europe nous inquiète et le stress pourrait surprendre un marché qui a déjà anticipé des perspectives très positives », dit l’étude.

Les articles de journaux consacrés aux marchés émergents ces derniers temps n’ont pas été très tendres envers ces marchés, mais cela a poussé les défenseurs de telles économies à être encore plus déterminé à les défendre.

David Kunselman, gestionnaire de portefeuille en chef, Excel Investment Counsel Inc, répond à toutes les critiques sur les marchés émergents, sans exception.
« Nous pensons que la tendance des marchés émergents à surpasser les rendements continuera au cours de la prochaine décennie », affirme-t-il.

Urbanisation rapide, avantages démographiques, hausse de la consommation intérieure, croissance du PIB, investissements dans les infrastructures, il n’y a pas un argument que M. Kunselman n’utilise pas pour défendre les marchés émergents.

« Quand on observe les rendements historiques de la dernière décennie, on se rend compte qu’un investissement de 10 000 $ dans les marchés émergents vaudrait aujourd’hui 23 700 $, alors que la même somme investit au cours de la même période dans les pays développés vaudrait 9200 $ », avance-t-il.

Les émergents ne devraient pas avoir les mêmes problèmes que lors de la dernière décennie, puisque l’austérité les en empêchera, ajoute-t-il.

Cela pourrait avoir un impact pour les investisseurs canadiens, qui ont tendance à ne pas diversifier leurs portefeuilles. Actuellement, les portefeuilles des Canadiens sont composés de plus de 60 % d’actions et d’obligations canadiens, même si le marché canadien ne représente que 4 % du marché mondial des valeurs mobilières et 2 % du marché obligataire mondial.

« Dans la dernière décennie, prendre de gros risques a pu être payant. Ce ne sera sûrement plus le cas dans le futur, explique M. Kunselman. Les investisseurs prennent des risques considérables en investissant seulement dans un pays. Les épargnants canadiens ont besoin de penser plus globalement, de diversifier leurs portefeuilles. »
Les actions des marchés émergents, dit-il, ont surpassé autant les actions canadiennes que celles des autres pays développés.

Le revenu et les dépenses de la classe moyenne
Aujourd’hui, 23 % des dépenses mondiales de la classe moyenne sont faites en Asie de l’est. Cette proportion risque fortement d’augmenter à près de 59 % d’ici 2030, surtout à cause de la Chine et de l’Inde.

« D’ici 2020, la classe moyenne représentera 52 % de la population mondiale, soit une augmentation de 30 % par rapport à aujourd’hui. En 2025, la Chine aura la plus grande classe moyenne au monde et celle de l’Inde sera dix fois plus importante qu’aujourd’hui. »

Dette et PIB
En moyenne, les pays émergents ont un rapport dette-PIB de 37 %, alors que certains états développés ont un rapport qui frôle les 100 % et parfois plus, dit David Kunselman. Le ratio, pour les marchés émergents, était de 50 % il y a seulement dix ans, ce qui laisse croire qu’ils sont plus prudents, fiscalement parlant.

« Les pays émergents devraient voir leur cote augmenter, alors que les pays développés voient leurs cotes dégradées depuis quelques années », explique-t-il.

Le Crédit suisse estime que les dépenses publiques dans les pays industrialisés sont au-dessus de la tendance normale de près de 8 milliards de dollars. Les taxes devront éventuellement être augmentées et les dépenses réduites, afin d’améliorer le bilan économique.

« Ce problème prendra plus d’une décennie à être résolu et les marchés émergents ne partageront pas le fardeau de la dette des pays industrialisés », affirme M. Kunselman.

Alors que les pays industrialisés ont épuisé toutes les mesures de stimulation de l’économie et ils ne peuvent plus rien tirer de leurs dépenses fiscales. Les économies émergentes, quant à elle, ont toujours ces deux outils en main.

Prévision de croissance
On prévoit que la croissance combinée des marchés émergents sera de 6 %, alors que celle des États-Unis et de la zone euro seront respectivement de 2 % et de 1 %.

« Les compagnies installées dans les marchés émergents auront le vent en poupe et, en conséquence, les investisseurs devraient considérer investir dans ces marchés où la croissance sera rapide. »

Trente économistes, sondés récemment par Reuteurs, ont affirmé que la Chine connaîtrait, dans le pire des scénarios, une croissance de près de 8 % au cours de la prochaine année.

« Le point important à retenir est que cette forte croissance pourrait être hybride et nous voulons que les investisseurs participent à cette capitalisation future des marchés émergents », ajoute M. Kunselman.

Petites dettes aujourd’hui, plus de dépenses demain
Les pays du BRIC ont de petits déficits après plusieurs années passées à économiser. Les habitants de ces pays commencent à peine à utiliser les cartes de crédit et à contracter des prêts personnels. La dette d’un pays du BRIC correspond à moins de 20 % du PIB alors que pour un pays développé, la dette peut correspondre à 75 % du PIB.

« Ces données nous permettent d’évaluer l’augmentation de la consommation qui se produira dans les marchés émergents au cours des prochaines années, alors qu’une classe moyenne verra le jour. »

Finalement, il y a d’autres faits à considérer. « Les marchés émergents représentent 75 % de la masse terrestre, plus de 70 % des réserves mondiales en devises étrangères, 80 % de la population mondiale et un tiers du PIB et de la croissance mondiaux. Malgré cela, ils détiennent seulement 13 % des capitaux mondiaux. »

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