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Les marchés financiers seront agités dans les prochaines semaines

15 mai 2014 | La rédaction | Commenter

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Jusqu’à présent, les marchés américains ont suivi un schéma bien connu, les indices boursiers fluctuant vers de nouveaux sommets, tandis que les bons du Trésor à 10 ans sont demeurés à l’intérieur de la fourchette. Toutefois, la situation pourrait évoluer durant les prochaines semaines et les prochains mois, prévoit Mohamed A. EL-Erian dans The Financial Post.

Selon le conseiller économique principal chez Allianz, deux raisons expliquent la bonne tenue des actions au cours des dernières semaines : plusieurs grandes sociétés ont annoncé des gains supérieurs aux attentes des observateurs et de nouvelles ententes de fusions et acquisitions ont été signées.

Les banques centrales ont également joué un rôle significatif dans cette embellie, ajoute-t-il. En effet, Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine, et Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne (BCE), ont tous deux réitéré leurs engagements à soutenir la croissance économique tout en limitant les risques de déflation.

Mario Draghi est même allé plus loin en laissant entendre que la BCE pourrait amplifier ses efforts de relance dès le mois prochain.

Une reprise mondiale incertaine

Malgré ces points positifs, relève Mohamed A. EL-Erian, toutes les nouvelles ne sont pas bonnes, ce qui a contribué à générer une grande volatilité au cours de la semaine passée.

En premier lieu, les données chinoises et européennes suggèrent que la reprise mondiale n’est pas aussi solide qu’espérée. D’autre part, la tension diplomatique entre la Russie et l’Ukraine demeure une source d’inquiétude pour les investisseurs qui, souligne l’analyste d’Allianz, ont un faible seuil de tolérance pour n’importe quelle mauvaise nouvelle susceptible de contrecarrer leurs objectifs.

Dans ces conditions, insiste-t-il, il ne faut pas s’attendre à ce que le calme sur les marchés revienne facilement au cours des semaines à venir.

Dans les prochains jours, les nouvelles statistiques américaines concernant les ventes au détail, le logement, l’inflation et la production industrielle fourniront une image plus précise de la solidité de la reprise économique. Toutefois, cela ne devrait pas faire pencher la balance de façon décisive d’un côté ou de l’autre.

La Fed en pleine évolution

Cela dit, Mohamed A. EL-Erian croit que tout « investisseur avisé » ferait bien de garder un œil attentif sur deux dossiers en évolution.

D’abord, la Réserve fédérale est en train de changer de politique, passant d’une stratégie fondée sur deux instruments (achats d’actifs et orientations de la politique monétaire, ou forward policy guidance) à une stratégie basée sur la seule orientation de la politique monétaire.

L’important, et ce dont les investisseurs n’ont peut-être pas encore pleinement conscience, c’est que cette nouvelle approche représente une évolution fondamentale pour la Fed. En effet, selon les mots de Jeremy Stein, un ancien membre de son Conseil des gouverneurs, celle-ci mènera désormais des politiques « plus qualitatives mais moins déterministes » et, par conséquent, constituera « un guide moins précis pour les futures actions » de la banque centrale étasunienne.

« Attendez-vous à ce que les marchés deviennent plus volatils dans les semaines et les mois à venir, le temps que les investisseurs aient bien intégré ce changement de politique », avertit Mohamed A. EL-Erian.

Autre dossier à suivre, selon lui, la situation en Ukraine, qui pourrait représenter un risque pour les investisseurs si l’ordre n’est pas rétabli ou si le conflit s’aggrave.

L’analyste dit néanmoins espérer que l’économie mondiale permettra d’atténuer ces forces déstabilisatrices, bien qu’il avoue manquer d’informations pour savoir si cela se produira dans un avenir proche.

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