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Les ménages canadiens de plus en plus vulnérables

10 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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dettes_endettement_credit_femme_cliente_42Les Canadiens sont de plus en plus vulnérables financièrement. C’est à cette alarmante conclusion qu’en vient la Banque du Canada dans sa Revue du système financier (RSF) publiée hier.

En cause : le niveau élevé d’endettement des ménages, les déséquilibres dans certains marchés du logement régionaux et la fragilité de la liquidité des marchés de titres à revenu fixe.

De fortes divergences régionales persistent entre les marchés du logement. Les pertes d’emplois ont exacerbé les tensions financières éprouvées par certains ménages fortement endettés des régions les plus touchées par la faiblesse des prix des matières premières. Par ailleurs, dans le Grand Vancouver et le Grand Toronto, la montée rapide des prix des logements et la croissance vigoureuse du crédit hypothécaire se traduisent par une augmentation de la proportion de ménages fortement endettés. Dans ces deux marchés, peu auront les reins assez solides pour soutenir une hausse vigoureuse des prix.

« Cela donne à penser que les acheteurs potentiels et leurs prêteurs devraient éviter les extrapolations fondées sur les récents prix de l’immobilier lorsqu’ils envisagent d’effectuer une transaction », a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz.

PRINCIPAUX RISQUES

Les vulnérabilités présentées dans la RSF pourraient propager des chocs dans l’ensemble du système financier si un événement majeur survenait. Le risque le plus important demeure une profonde récession, suivie d’une forte augmentation du chômage, qui nuirait à la capacité des ménages d’assurer le service de leur dette et qui donnerait lieu à une correction généralisée des prix des logements. Mais la probabilité que ce risque se matérialise reste faible, du fait que l’économie continue de progresser, soutenue par l’expansion qui se poursuit aux États-Unis, ainsi que par la politique monétaire expansionniste et les mesures de relance budgétaire au Canada.

Une brusque hausse des taux d’intérêt à long terme causée par une augmentation des primes de risque au Canada et ailleurs dans le monde constitue le deuxième risque. Cela se traduirait par un durcissement des conditions financières et un ralentissement de la croissance économique, tant au Canada qu’à l’étranger.

Enfin, des tensions émanant de la Chine et d’autres pays émergents et une faiblesse prolongée des cours des produits de base constituent deux autres risques.

Or, « un système financier stable et efficient est essentiel à une croissance économique soutenue et à l’amélioration du niveau de vie. La capacité des ménages et des entreprises de canaliser leur épargne vers des investissements productifs, de gérer les risques associés à ceux-ci ainsi que d’acquérir et de céder en toute confiance des actifs financiers est l’un des fondements de l’économie canadienne. La stabilité financière traduit la résilience du système financier face à des chocs inattendus, résilience qui permet de maintenir le bon fonctionnement du processus d’intermédiation financière », peut-on lire dans cette revue semestrielle.

Toutefois, le niveau de risque global pesant sur le système financier canadien est essentiellement inchangé par rapport à ce qu’il était il y a six mois, a indiqué la Banque du Canada. Les vulnérabilités des ménages se sont accentuées, mais la reprise économique en cours au Canada implique que le risque global reste au même niveau. Le système financier du Canada est résilient et fait preuve d’efficacité.

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