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Économie

Les obligations de pacotille : bonnes pour la poubelle

24 juillet 2012 | La rédaction | Commenter

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Ce ne sont pas toutes les catégories de produits qui sont adaptées à l’indexation. Différentes distorsions font en sorte que les indices qui pistent les obligations de pacotilles, ou junk bonds, sont non seulement risqués pour les investisseurs, mais ils ne représentent pas non plus fidèlement la réalité.

Analyste en FNB chez Morningstar, Samuel Lee mène une charge à-fonds de train contre les FNB d’obligations de pacotille, dans un article publié sur Morningstar.ca.

De prime abord, les données historiques semblent pourtant favorables aux investisseurs. L’indice qui piste les obligations de pacotilles aux États-Unis, le BoAML U.S. High Yield Master II, a enregistré un rendement de 8,8 % au cours des 26 dernières années. Une grande partie de ces rendements est en fait le résultat des baisses de taux d’intérêt survenues pendant de nombreuses années. Le prix de ces obligations a automatiquement augmenté lors des baisses de taux d’intérêt.

On parle d’obligations de pacotille lorsque l’émetteur détient une cote de crédit inférieure à BBB – (chez Standard & Poor’s) ou Baa3 (chez Moody’s).

Manque de liquidité
Les prix indiciels des junk bonds sont souvent le résultat d’estimations, car de nombreuses obligations de pacotille se négocient de façon irrégulière. Les estimations déterminent des prix à partir d’un très petit nombre d’obligations de référence. « Si aussi peu de fonds peuvent s’approcher des rendements de l’indice, c’est parce que les rendements de l’indice sont fictifs », affirme même M. Lee.

Le facteur de risque est évidemment élevé avec les obligations de pacotille. Lors de la dernière crise financière, les FNB d’obligations de pacotille ont subi des pertes de 30 % et plus. En comparaison, les obligations gouvernementales de même durée ont progressé, profitant d’un mouvement de fuite vers la qualité.

Les investisseurs sont habituellement attirés vers ce type d’obligations en raison du rendement élevé affiché. Le nom plus technique des junk bonds est d’ailleurs « obligations à rendement élevé ». Mais selon l’analyste de Morningstar, historiquement, « le risque lié au crédit a été mal récompensé ». Ainsi, de 1926 à 2012, les obligations d’entreprise à long terme ont enregistré un rendement annualisé supérieur de seulement 0,4 % au rendement des obligations gouvernementales.

Le coup de chance
Le maintien des prix des obligations de pacotilles peut s’expliquer par l’attitude d’une portion des investisseurs qui choisissent cette classe d’actifs. Plusieurs investisseurs sont en effet à la recherche du « coup de chance », un peu comme dans une loterie. « Une forte probabilité de perdre de l’argent, et une petite chance de démultiplier le placement d’origine, ce qui attire une importante catégorie d’investisseurs acceptant de trop payer pour le rêve de gagner le gros lot », résume M.Lee.

Dans une répartition de portefeuille, les junk bonds ne sont en tout cas pas à ranger avec les autres titres à revenu fixe. Il faut plutôt leur faire une place dans l’allocation réservée aux actions, si vraiment on souhaite en acquérir.

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