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Les petites capitalisations entreront dans une période d’incertitude

12 septembre 2007 | Commenter

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Les signes d’une éventuelle récession aux États-Unis et la fin imminente de l’actuel cycle économique pourraient plonger les actions d’entreprises à petite capitalisation dans une période d’incertitude, dit Martin Ferguson.

Le portefeuilliste à la firme Mawer Investment a présenté son analyse dans le cadre d’une rencontre organisée par les fonds GGOF à Toronto.

Historiquement, l’indice BMO des petites capitalisations affiche un rendement annuel moyen de 11,9 %, surclassant le S&P/TSX et son + 10,7 %. En outre, les titres de petites capitalisations ont pour effet de réduire la volatilité dans un portefeuille.

Mais le contexte actuel ne leur est pas favorable, note l’expert. En effet, si les États-Unis subissent une récession, les petites entreprises seront les premières à en souffrir. D’autres facteurs pourraient aussi leur porter préjudice.

Martin Ferguson a expliqué que l’évolution des entreprises à petite capitalisation suit des tendances lourdes. Entre 1970 et 1986, les investisseurs les chérissaient, poussant ainsi à la hausse le cours des ces actions. La tendance s’est inversée entre 1986 et 2000. Les petites capitalisations étaient alors perçues comme des titres risqués et peu liquides. Résultat : elles se négociaient à des prix inférieurs à ceux des grandes entreprises. Aujourd’hui, les investisseurs sont plutôt neutres vis-à-vis d’elles.

La performance des petites capitalisations est également liée à des facteurs cycliques. Habituellement, elles connaissent de mauvaises séquences à l’approche d’une récession, et elles offrent de bons rendements immédiatement au sortir d’un déclin économique.

Les petites capitalisation sont aussi sensibles aux tendances sectorielles. L’an dernier, elles ont affiché de solides rendements, car elles sont très présentes dans les secteurs des marchandises et des ressources. Par contre, lorsque les marchés sourient aux entreprises financières, les petites capitalisations traînent la patte.

Par ailleurs, la décision d’Ottawa d’imposer les fiducies de revenu leur fera mal. En effet, beaucoup de petites entreprises ont choisi de se constituer en fiducie de revenu afin d’alléger leur facture fiscale. Cet avantage sera chose du passé dans quelques années, ce qui rend les investisseurs nerveux.

Parlant de nervosité, Martin Ferguson souligne que si les investisseurs commencent à manifester des craintes à l’égard de ce type de placement, les cours subiront des pressions à la baisse. L’attitude des investisseurs pourrait être un facteur déterminant au cours des prochains mois, prévient Martin Ferguson.

Bref, où en sommes-nous actuellement? Pour ce qui est des tendances lourdes, le marché est neutre. En ce qui concerne les tendances sectorielles, la crise des liquidités, des PCAA et des hypothèques à risque aux États-Unis pourrait continuer d’ébranler les financières. Les petites capitalisations tireraient alors leur épingle du jeu. Par contre, le changement du cycle économique, que confirmerait une récession aux États-Unis, et le comportement imprévisible des investisseurs jouent contre elles.

Conclusion : si les facteurs positifs ne prennent pas plus de poids, ce qui ne semble pas le cas à terme, les investisseurs doivent s’attendre à ce que les petites capitalisations entrent dans une période d’incertitude.

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