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Les « secrets » de la Caisse de dépôt

3 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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chut_silence_425De 1996 à 2001 : cinq années marquées par des « secrets » à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), affirme un dossier de La Presse. Qu’il s’agisse d’investir dans un stade pour les Expos, de faire équipe avec Jean Coutu ou de reluquer du côté du Centre Molson (maintenant le Centre Bell), le journaliste André Dubuc estime que toute la lumière est loin d’avoir été faite sur les transactions de la Caisse, surtout sur celles qui n’ont jamais abouti.

Ainsi, ce dossier montre que le gestionnaire de notre avoir collectif a tout d’abord eu la tentation du baseball.

« On apprend aujourd’hui que la Caisse de dépôt et placement a étudié la possibilité d’investir dans le complexe immobilier du stade de baseball, selon des documents officiels qui émanent de l’investisseur institutionnel, peut-on y lire. L’information est digne d’intérêt au moment où l’idée que Montréal se dote d’un nouveau stade de baseball revient dans l’actualité. »

L’idée de construire un stade au centre-ville consacré exclusivement au baseball est dans l’air à l’époque. Québec, qui vise le déficit zéro, ne veut pas financer, mais la Caisse, elle, paraît plus volontaire. Lors d’une allocution publique en octobre 1997, le président de la Caisse, Jean-Claude Scraire, laisse entendre que l’institution n’écarte pas l’idée de participer au financement du stade, en échange de garanties. Mais comme il n’a finalement jamais vu le jour, l’analyse de la Caisse n’a pas eu de suite.

Sport toujours, la CADIM, filière immobilière de la Caisse de placement, avait eu des vues sur l’achat du Centre Molson en 2000. Mais la transaction échoue et c’est George Gillett qui remporte la mise, acquérant par la même occasion l’équipe des Canadiens de Montréal. Pour ce faire, la Caisse lui prête cependant 140 millions de dollars à intérêts élevés, une somme très vite remboursée, notamment lors de la monétisation des droits d’appellation de Bell.

JEAN COUTU, UNE OCCASION RATÉE

On apprend ensuite que la CDPQ avait également l’ambition de soutenir Jean Coutu dans le rachat de Pharmaprix en 1999. Des documents de l’époque montrent en effet que la Caisse était prête à avancer de l’argent pour que Jean Coutu emporte la mise et devienne le leader incontesté de la pharmacie au Canada, dévoile La Presse.

« Le conseil de la Caisse a voté une résolution autorisant un investissement pouvant aller jusqu’à 650 M$ dans le Groupe Jean Coutu dans le cadre de l’acquisition de Shoppers, soit 450 M$ en actions subalternes et 200 M$ en prêt temporaire à taux élevé, écrit André Dubuc. Le nouveau groupe compterait 1116 pharmacies au Canada et 254 aux États-Unis. Le procès-verbal parle d’un projet totalisant 2,476 G$ financé par emprunt, par obligations subordonnées et par l’émission d’actions ordinaires. Des discussions évoquent les scénarios en cas de prix d’acquisition encore plus élevé. »

Pharmaprix a malgré tout échappé à Jean Coutu.

2,2 G$ POUR VIDÉOTRON

Pour clore ce dossier, La Presse revient sur la saga de l’achat de Vidéotron par Québecor en 2000. On comprend alors que le conseil d’administration de la Caisse avait d’abord autorisé un investissement de 435 M$ donnant droit à 14,2 % des actions de la nouvelle société, comprenant Vidéotron et TVA. Les administrateurs s’interrogeaient cependant sur les capacités de gestionnaire de Pierre Karl Péladeau. La Caisse souhaitait alors aller chercher un troisième partenaire, mais faute de le trouver, elle a dû avancer bien plus d’argent qu’elle ne l’avait prévu : 5,2 fois plus, soit 2,2 milliards de dollars.

« Pour la Caisse, ça n’a pas été l’investissement du siècle, c’est vrai, reconnaît l’informateur de La Presse en guise de conclusion. Mais sans Vidéotron, étant donné le déclin de la presse écrite, Québecor n’existerait probablement plus. »

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